04/07/2008

En marge de l'incendie de l'ancienne Ecole de Chimie

 
Pour une culture architecturale à Genève

 

Et maintenant que va-t-on faire ? Laissée à l’abandon derrière ses façades refaites (un cache-misère !), l’ancienne Ecole de Chimie a en quelques semaines fait l’objet d’une inondation, d’une effraction au tournevis ( !), et, le pire, d’un incendie dévastateur dont on n’a pas pris encore toute la mesure des implications sur la vie du bâtiment et sur celle des usagers.



Les enseignants et les étudiants d’une partie de la Faculté des Lettres (et l’on se dit que pareille accablante circonstance n’aurait probablement pas entaché la vie des scientifiques durs et lourds), ont de longues années durant enduré des conditions de travail indignes de l’Université de Genève et de l’Instruction publique en général. Ils ont beaucoup trop patienté, jamais prioritaires, jamais pris en considération. La situation était simplement honteuse pour eux et pour Genève. Lorsqu’un collègue étranger venait donner une conférence, il fallait s’ingénier à lui cacher les couloirs dégradés, les sols rapiécés, les murs fissurés, les faux marbres ravaudés …

 

Les autorités genevoises, Ville et Etat confondus, ont un vrai problème à l’encontre du patrimoine architectural dont elles sont les dépositaires, et ce n’est pas la fermeture de l’Institut d’architecture qui va rien arranger. Après la disparition du cycle en Sauvegarde du Patrimoine bâti, qu’elles viennent donc suivre les cours d’études avancées en Patrimoine et Muséologie que le Département d’histoire de l’art dispense depuis de longues années sur ces questions ! Qu’elles apprennent à respecter le travail de leurs prédécesseurs qui, en l’occurrence, à la fin du XIXe siècle décidèrent de consacrer un Palais à la Chimie, avec pompe, luxe et décors, dont nul ne pouvait prévoir, un peu plus d’un siècle après, que dans un pays riche épargné par les guerres, on y touche les bas-fonds du déclin et de la ruine.

 

Ce que nous voulons maintenant, Monsieur Mark Muller, puisque l’Etat n’a pas su anticiper et protéger comme il le méritait ce patrimoine d’un grave sinistre, ce sont des mesures conservatoires pour protéger tout ce qui peut encore l’être et un vrai projet de sauvegarde et de restauration ! L’ancienne Ecole de Chimie doit être restaurée dans les règles de l’art pout tout ce qui est de ses pièces maîtresses, comme la cage d’escalier monumentale et l’auditoire de bois unique dans le patrimoine genevois. Les décors de trompe l’œil seront refaits l’identique, si on ne peut pas les sauver, et l’on retrouvera enfin les faux marbres qui n’auraient jamais dû disparaître sous des badigeons, ainsi que des sols de terrazzo réparés dans leur beauté d’origine.

 

 

11:06 Publié dans Culture | Lien permanent | Commentaires (3) | Tags : patrimoine, etat, culture architecturale | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook

Commentaires

Chère professeure,

C'est avec une grande tristesse et une inquiétude que j'ai appris la nouvelle du sinistre qui a endommagé le bâtiment de chimie. En m'à qualité d'architecte et d'étudiant sous votre enseignement, je vous soutiens de tout mon cœur dans votre démarche quant à la sauvegarde du patrimoine en générale ainsi que son enseignement (maintien des formations de l'institut d'architecture!).

Chafik Cheghnane

Écrit par : Chafik | 04/07/2008

Dommage que ça n'ait pas été la FAPSE à avoir été touchée !!

Écrit par : Judith | 05/07/2008

Etonnant que tout n'ait pas brûlé bien avant vu l'état des installations...

Petite visite alternative ici:

http://www.everyoneweb.fr/unigeneva/

Écrit par : Toxo | 09/07/2008

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