27/11/2008

Tristes sols

GeneveMalbuisson1gr.jpgQuelques pensées surgies en arpentant les Rues Basses, tête en bas, ce qui arrive parfois! La foule se presse et je suis perdue dans mes pensées, les yeux rivés sur le sol. Tristes sols de Genève au diapason avec de tristes mobiliers urbains et de tristes signalétiques, surtout disparates ... Le passage Malbuisson, un passage de grande ancienneté, maintes fois remanié, le long duquel les commerces n'en finissent pas de se remplacer les uns les autres, un passage jamais fini, dont l'horloge de l'Escalade constitue une attraction certaine, comme le relate la notice du site de Genève-Tourisme:

"Nous vous invitons à assister gratuitement au fameux spectacle donné chaque jour et à chaque heure tapante par l’horloge du passage Malbuisson qu’accompagne, pendant que son carillon de 16 cloches égrène sa mélodie, un long cortège de 13 chars et de 42 personnages de bronze", réalisé par Edouard Wirth, horloger, sur le thème de l’Escalade et coulé par le fondeur d'art, Jean-Marie Pastori.

Ca c'est pour qui regarde vers le haut, mais pour celui qui déambule tête en bas, un carrelage de cuisine avec des carreaux de terres cuites rouges, un carrelage sans charme, pauvre et lacunaire, mais dessiné par Maurice Braillard. A ce titre vénéré, bien que modeste, abîmé et en total décalage avec la gentrification complète du lieu. Un lieu qui pourrait appeler le tapis de marbre ou de granit tant qu'à faire!

A deux pas de là, le tronçon de la rue de la Confédération dessiné par Janos Farago dans les années 80', une projection au sol du plan Billon et du parcellaire médiéval de la rue, concept de luxe à tout jamais incompris du grand public, du temps où la Ville de Genève avait de l'argent. Ce tronçon de concept, amplement rehaussé de plusieurs générations de chewings gum incrustés, s'arrête brutalement à la place Longemalle. Nous ne qualifierons pas la rue du Vieux Collège qui n'a encore profité d'aucun projet de rénovation de la chaussée que ce soit.

La question ici et ailleurs: pourquoi tant de disparate et de négligence dans les revêtements de sols alors que certaines villes s'emploient par là à qualifier des lieux et à leur procurer une identité commune? Une incohérence qui reflète les tiraillements à hue et à dia et les projets de courte vue dont Genève est championne toutes catégories, Genève où le projet du successeur chasse immanquablement le projet du prédecesseur.

 

 

 

 



 

 

 

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26/11/2008

La construction du paysage culturel helvétique

heidiland2.jpg          Dysneylandisée, la pastorale helvétique demeure un solide créneau que les successeurs de Thomas Cook exploitent ad nauseam. Heidy a remplacé Helvetia et on a créé un Heidyland à l'intention des touristes japonais, ces mêmes touristes pour lesquels de faux pâtres suisses, à la solde de Kuoni, jouent du cor des Alpes en pleine ville de Genève.

            L'"enferrement des Alpes" est devenu un processus inéluctable quand bien même la ferraille des téléphériques et autres remontées mécaniques a souvent remplacé celle des crémaillères; les rubans bitumés d'autoroutes et leurs corollaires de tunnels s'insinuent à travers tout le pays, parfois au prix d'âpres disputes comme celle qu'anima Franz Weber à propos du tronçon d'autoroute Montreux-Villeneuve, métamorphosant irrémédiablement la toile de fond du paysage de Chillon, rendu célèbre par le Child Harold de Lord Byron.

            Les paysages les plus célèbres nous semblent épuisés; ils demeurent néanmoins ceux qui sont les plus recherchés, par on ne sait quelle inertie, peut-être parce que le touriste moyen aspire à une Suisse virtuelle telle qu'il peut la pratiquer sur le web. Aux dires de certain directeur d’office de tourisme, et malgré tous les efforts déployés pour faire connaître les villes suisses, la seule chose que l'on veut savoir à l'étranger c'est "si le Cervin est bien toujours à la même place!"

            Il y aurait pourtant fort à faire aujourd'hui à donner de la Suisse une image plus proche de ses réalités, une image qui valorise aussi la culture urbaine en contrepoint de la civilisation des bergers, une image qui valorise aussi les arts et les techniques en contrepoint d'un folklore devenu désuet. Mais remontons l'histoire de cette mise en scène.

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16/11/2008

Que se passe-t-il au Collège Calvin?

collège calvin.jpg

Le Collège Calvin est indubitablement l'un de nos plus vénérables monuments. Vénérable par son ancienneté puisqu'il s'apprête à fêter ses 450 ans en 2009, tout comme l'Université du reste, vénérable comme monument remontant à la Renaissance, vénérable comme institution fondée par Jean Calvin en tant qu'Académie. Plusieurs manifestations se préparent pour célébrer cet anniversaire et notamment une publication de Pierre Monnoyeur, historien de l'architecture et grand connaisseur de l'édifice.

Des travaux de restauration du Collège Calvin, très attendus et très mérités, ont commencé au printemps 2008. S'agissant d'un monument classé de grande ancienneté, on se pose tout de même un certain nombre de questions quant aux garanties prises relativement aux compétences mises en oeuvre sur ce chantier où des connaissances très pointues en matière de restauration monumentale s'imposent.

On apprenait il y a quelques jours qu'une colonne du XVIe siècle, signalée par Albert- E. Roussy, ancien directeur du Collège n'avait pas même été protégée lors de travaux entrepris dans l'extraordinaire charpente à poteaux d'origine.  De même on remarquait les dégâts causés par le passage du karcher sur les façades de la partie construite par Louis Viollier et Alfred Olivet dans les années 1880. Un tableau d'Albert Durade, représentant la fondation du collège Calvin et suspendu au revers du mur traité au karcher s'en est trouvé endommagé!

Le chantier est à présent suspendu et l'on attend le résultat des expertises demandées. On ne peut que redouter que l'auguste monument classé ne soit pas entre les meilleures mains, des mains de spécialistes de la restauration monumentale à même de conduire le chantier et les ouvriers de sorte à éviter tout faux pas. 

 

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11/11/2008

Michel Pastoureau à Genève

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MICHEL PASTOUREAU

Professeur à l'Ecole des Hautes Etudes pratiques

19 novembre 2008 20h00

L'historien face à la couleur

Une histoire des couleurs est-elle possible?

Institut National Genevois

1 promenade du Pin,

19 novembre 2008 à 20h00

 

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07/11/2008

Patrimoine suisse Zurich explose

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Le projet de revitalisation du Musée National Suisse de Zurich aura eu raison de la section zurichoise de Patrimoine Suisse. On apprenait lundi l'explosion de la section divisée entre (pour le faire simple) les "architectes", favorables au nouveau projet, et les "conservateurs", hostiles et prêts à engager un recours à l'encontre dudit projet. Ce clivage montre l'impasse dans laquelle se trouve actuellement la section zurichoise, mais qui concerne de près ou de loin toutes les sections helvétiques infiltrées par des architectes que le patrimoine intéresse moins comme objet d'admiration et de culte à entretenir et à restaurer que comme support pour valoriser des interventions contemporaines. Les résultats tiennent de l'hybride et les produits sont d'embrassants monstres d'une esthétique chaotique!

L'argument-massue des défenseurs d'un patrimoine dynamique, Monsieur Philippe Biéler, chef de file du Heimatschutz central en tête, est qu'il faut construire le patrimoine de demain! La formule prête à sourire dans notre époque qui, plus qu'aucune autre aspire à la postérité, davantage qu'à l'aujourd'hui. C'est oublier que le patrimoine de demain est aussi celui d'hier. Tous les défenseurs du patrimoine dignes de ce nom devraient s'efforcer de conserver et de transmettre à la postérité l'héritage culturel dont ils sont les dépositaires, sans attouchements et dans les meilleures conditions de conservation.

 

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03/11/2008

En marge de la nouvelle loi sur l'Université

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C130-10103.html

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Le peuple est appelé à se prononcer le 30 novembre sur la nouvelle Loi sur l’Université, une loi qui doit en substance donner plus d’autonomie à l’institution universitaire. Si le peuple est appelé à voter, c’est suite à un référendum initié par les étudiants au lendemain de l’adoption de ladite loi par le Grand Conseil, à la veille de la pause estivale. Un numéro hors série de la revue Courants, organe de la CUAE (voir lien ci-dessus) expose clairement les craintes estudiantines.

 

Les étudiants sont inquiets, et on les comprend, quant au peu de garanties données en matière de taxes universitaires, plafonnées jusqu’à présent à 500 frs par semestre. Ils craignent que l’Université de Genève ne perde le caractère démocratique qui est le sien pour s’aligner sur les modèles prestigieux d’Outre-Atlantique. Les taxes déjà perçues à l’Institut des Hautes études internationales et du Développement (3.000 frs pour un étudiant suisse par semestre et 5.000 frs pour un étudiant étranger) donnent un aperçu de ce que pourrait devenir demain l’ensemble de l’Université.

 

Les dispositions financières de la nouvelle loi, qui prévoit aussi de déplafonner les salaires des professeurs pour attirer les « grosses pointures », a pour prétention essentielle de permettre à l’Université de Genève de s’aligner au niveau des meilleures universités mondiales et de briller dans d’improbables rankings dont les critères mesurables sont plus de l’ordre du quantitatif que du qualitatif (lequel, il faut bien le dire, ne se mesure pas bien !). Et pour cela tous les moyens du monde ultra-libéral (à la chute duquel nous sommes probablement en train d’assister impuissants) sont bons.

 

L’excellence du monde universitaire serait à ce prix. Cette excellence de tous les superlatifs (à l’image de l’arrogance contemporaine), qui fait florès dans chaque argumentaire, qui surgit au détour de chaque discours officiel, cette excellence serait donc aliénée à l’argent ! Triste vérité qui nous rend nostalgiques de l’Université de papa, celle qui était la maison de tous les savoirs et où l’on aspirait à des valeurs platoniciennes, le Vrai, le Beau et le Bon. Cette université-là a eu ses savants et ses intellectuels (de Saussure, Piaget, Jeanne Hersch, Starobinski, …) plus adonnés à leur science qu’aucun universitaire aujourd’hui. Car l’étude, en nos temps incertains, est sacrifiée au réseautage,  aux lourdeurs administratives, aux montages de dossiers pour décrocher de gros contrats de recherches et des mandats privés. Et ce n’est pas la nouvelle loi qui arrangera quoi que ce soit.

 

Alors le quidam qui va voter le 30 novembre sur la Nouvelle Loi de l’Université doit prendre le temps de réfléchir deux fois à la question. Va-t-il vraiment donner son blanc seing à une plus grande autonomie de l’Université ? Va-t-il entériner la libéralisation de l’institution au moment même où le monde subit de plein fouet la sévère débâcle d’un excès de libéralisme ?   

 

23:55 Publié dans Uni | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : loi, université, autonomie, libéralisation, prochaines votations | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook

02/11/2008

Les étudiants de la Faculté des Lettres convoquent leur doyen

Lundi 3 novembre 2008, 12h15

salle B 101, Bâtiment des Philosophes

 

Les étudiants de la Faculté des Lettres

(en particulier les usagers de l'ancienne Ecole de Chimie)

ont rendez-vous avec leur doyen,

le professeur Eric Wehrli,

pour exposer leurs doléances concernant leur situation

au lendemain de l'incendie.

 

Venez nombreux!

 

Plusieurs enseignants sont solidaires de cette démarche et regrettent que le Conseil d'Etat, en particulier Messieurs Charles Beer (DIP) et Mark Müller (DCTI), ne considèrent pas urgent d'agir rapidement pour offrir aux étudiants des conditions de travail acceptables. Ils déplorent par ailleurs l'incurie générale du patrimoine de l'Etat qui, depuis des décennies, n'est absolument pas géré ni entretenu comme il le devrait.