05/05/2009

La Maison communale de Cartigny introduite dans la ferme Gallay

Au Cinéma Bio, l'Office du Patrimoine et des Sites tenait la semaine dernière

son deuxième salon sur le thème

Nouveaux aspects pour le patrimoine bâti Le patrimoine rural du canton de Genève.

Francis Goetschmann est venu présenter son travail sur la ferme Gallay,

un dossier qui a déjà fait couler beaucoup d'encre par le passé.

La discussion de la soirée est placée sous l'intitulé général

Recenser Conserver Transformer le Patrimoine

(sans que les termes ne soient du reste hiérarchisés).


La ferme Gallay dont Isabelle Roland, spécialiste de l'architecture rurale, venait d'exposer toutes les belles qualités architecturales, la fameuse tripartition rurale en logement, grange et étable, menaçait ruine avant que décision soit prise d'y installer le Maison communale de Cartigny. Chacun sait que le programme communal en particulier celui de la salle communale est l'un des plus lourd pour le patrimoine. Introduire une salle communale dans une maison forte (comme à Meinier par exemple) ou dans une ferme est à chaque fois un périlleux exercice.

Faut-il considérer l'exercice réussi en l'occurrence? L'architecte responsable de l'opération a longuement expliqué les méticuleuses pratiques de restauration selon les règles de l'art pour conserver certains éléments significatifs de ce patrimoine rural, notamment une remarquable charpente à poteaux. Ces efforts louables semblent toutefois anéantis par la transformation lourde du bâtiment pour satisfaire au nouveau programme communal. Une façade pignon est créée ex novo qui ne cherche en rien à jouer la carte de l'intégration. Cette façade, qui a déjà fait couler beaucoup d'encre, est présentée par l'architecte comme "une remise dans la remise", mais l'euphémisme verbal tente vainement de minimiser l'impact de cette innovation.

Cette intervention soulève beaucoup de questions et notamment celle du statut du bâtiment d'origine. Si la ferme Gallay était considérée comme un témoin exemplaire d'architecture rurale, ne fallait-il pas alors la traiter avec le respect qui lui était dû? Si au contraire elle ne faisait pas partie des "patrimoniaux", pourquoi s'échiner sur une restauration matérielle partielle? L'exposé de Francis Goetschmann relatif au panachage des interventions a laissé plus d'un auditeur sceptique! Cette hybridation ne traduirait-elle pas fondamentalement une impossibilité à se déterminer?

Commentaires

Le syndrome "château de Nyon" a encore frappé! Ah, ce pathétique compromis, si typiquement helvétique. C'est hélas bien connu : à force de vouloir tout (le changement) et son contraire (la conservation), on finit par ne plus rien obtenir du tout. Certaines de ces transformations sont à pleurer; au point qu'on en viendrait presque à préférer une démolition pure et simple, en lieu et place de ces embaumements sans âme et sans Histoire.

Écrit par : Mauro | 06/05/2009

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