01/11/2009

Un incendie dans le noyau du vieux Chêne-Bougeries




Un malheureux incendie vient de ravager l'une des parcelles de ce qui subsistait du côté septentrional du vieux noyau de Chêne-Bougeries. La toiture et l'intérieur du bâtiment ont été emportés dans les flammes, flammes qui ne sont pas sans nous rappeler les incendies genevois de l'époque Ketterer ...


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Le côté méridional du noyau chênois vient pourtant de faire l'objet de réhabilitations successives. Les maisons suburbaines de la seconde moitié du XIXe siècle ont retrouvé une fraîcheur pimpante qui contraste avec l'état de délabrement de certaines des maisons d'en face.

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Comment se fait-il qu'on ne soit jamais arrivé à faire admettre sans difficulté la protection du noyau de Chêne-Bougeries au nom de la protection des ensembles du XIXe siècle?

Commentaires

Il est historiquement notoire que dans certains goulets "disputés", des incendies "providentiels" sont toujours venus à point nommé pour satisfaire à moyen terme les ambitions de certains promoteurs immobiliers, en accélérant les démolitions qui ont favorisé leurs projets. Vous voyez ce que je veux dire ...

Écrit par : Santo | 01/11/2009

"Comment se fait-il qu'on ne soit jamais arrivé à faire admettre sans difficulté la protection du noyau de Chêne-Bougeries au nom de la protection des ensembles du XIXe siècle?"

Je suis tenté de répondre ceci:
1 - Le problème d'occupations des bâtiments vides (le squatt)
2 - Le problème du financement des travaux par les propriétaires.
3 - Les impacts de l'évolution de l'environnement urbanistique immédiat.
4 - Les divergences dans l'appréciation des valeurs historique et technique des objets.
5 - Les divergences dans l'interprétation des valeurs dit patrimoniales méritant leur classement et le degré de leur préservation.
6 - Le purisme qui interdit des compromis ne blessant en rien leur esthétique.
7 - Le manque d'indépendance des organes chargés de procéder à leur évaluation.

Remarque: Les confrontations entre projets urbanistiques et préservation du patrimoine se font dans l'antagonisme avec des préalables hostiles des milieux dit culturels avec leurs prorogatives respectives.
On peut regretter pour Genève, que la concertation de ces deux milieux censés éclairer le public, n'aboutissent pas à des projets d'urbanisation cohérente qui survivent aux successives gouvernances.
On peut aussi regretter que l'accent ne soit pas mis sur la recherche d'une articulation possible et harmonieuse entre préservation, aménagement et développement.

Pour exemple: Les villes romaines étaient construites autour d'un réseau de voies terrestres et fluviales et par rapport aux positions stratégiques des établissements de gestion et de gouvernance. Elles évoluaient de manière centrifuge et y inscrivaient sur leur tracé, les nouveaux besoins, les nouvelles contraintes, les changements de modes de vie, de techniques, de technologies ainsi que les changements sociaux et artistiques.

Le Genevois d'aujourd'hui tend à se figer dans l'acquis (population vieillissante dans un territoire exigu = marque de frilosité face au déferlement démographique et économique). Il semble aussi craindre une émancipation qui le dépasse. Voire la préservation du patrimoine industriel très tardif dans le canton où l'activisme se fait tout d'un coup dans la fébrilité et sans débats, sans discernement, comme s'il fallait rattraper à tout prix le temps perdu au détriment de projets innovants qui puissent témoigner de notre volonté et notre capacité de modeler la cité sans commettre de sacrifices.

Il manquera dans l'avenir, une tranche d'histoire et de témoignages d'une architecture et d'une urbanisation qu'on ne retrouvera certainement qu'ailleurs, bien loin de Genève.

Écrit par : Nepotin | 01/11/2009

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