03/11/2014

Charles Galland, la suite.

Cher Monsieur Pulfer, mon articulet est un brûlot. En effet. Parce que tous les arguments censés ont déjà été employés. En pure perte. Si la liberté d’expression est encore possible, dans une République consensuelle et timorée qui a des relents de ploutocratie, ce pamphlet a pour but de réveiller le public, de contrer les marchands de rêve et leurs images d’architecture sur papier glacé … Et ce, tandis que le rouleau compresseur des partisans d’un projet architectural, qui met à mal un monument emblématique du patrimoine genevois, fait un forcing lourd et aveugle qui n’est pas sans évoquer l’aéroport de Notre-Dame des Landes,  le barrage de Sivens …

 

Ravie que vous ayez pris de l’intérêt à lire ma thèse consacrée à un petit pan de l’architecture genevoise. Vous aurez peut-être aussi parcouru toutes mes autres publications scientifiques sur Genève et celles de mes nombreux collègues et des étudiants du Département d’Histoire de l’art et de musicologie de l’Université de Genève, qui depuis une trentaine d’années documentent, éclairent, expliquent et sortent de l’oubli le patrimoine architectural genevois, au demeurant fort riche et intéressant. Sans toutefois que les conclusions de conservation et de revalorisation, qui partout ailleurs s’imposeraient, ne soient prises. Qui pour défendre et chérir ces bâtiments qui sont les vôtres et que vous appréciez tant dans les livres? L’Office du patrimoine de l’Etat n’a jamais reçu les moyens qu’il mérite et qu’il semblerait si naturel de lui donner dans une Ville de Culture (sic le Routard) et il ne fait pas le poids face aux assauts des affairistes.

 

Vous souhaitez que je parle d’architecture, comme s’il n’avait pas déjà tant été question de toutes les belles qualités du Musée d’Art et d’Histoire de Marc Camoletti. Mais comme certains s’ingénient à dénigrer l’édifice, je m’exécute bien volontiers. D’autant plus volontiers que le projet de réhabilitation du MAH avait été l’objet de mon diplôme en architecture. Je me rappelle encore combien mes maîtres de l’époque (Raymond Reverdin, Italo Insolera) m’avaient mise en garde sur les profils des moulures et autres détails du décor intérieur qu’il s’agissait de conserver à tout prix …

 

Doté d’une façade qui déroule sa colonnade colossale ionique de part et d’autre de la porte d’entrée monumentale, surmontée de l’allégorie des Arts et de la Renommée de Paul Amlehn, l’imposant quadrilatère a été conçu dans la plus internationale tradition Beaux-Arts du temps : ce sont le Petit et le Grand Palais parisiens qui sont convoqués ici. L’édifice marquera la Genève du début du XXe siècle, tout comme les deux palais de l’Exposition Universelle de 1900 ont marqué la Ville Lumière.

 

Organisées autour d’un patio quadrangulaire en jardin, les grandes galeries du rez-de-chaussée, qui étaient toutes dotées d’un décor ornemental devenu ténu aujourd’hui (et d’un mobilier exceptionnel complètement disparu), sont éclairées a giorno par d’immenses baies en plein cintre. Celles de l’étage reçoivent un éclairage zénithal diffusé par les impressionnantes verrières, qui obéissaient aux progrès les plus avancés de la technologie muséale. De plus petits cabinets prennent jour du côté du patio.

 

Pièce de résistance de l’intérieur de l’édifice, le grand escalier déroule ses deux immenses volées opposées, du palier inférieur au palier supérieur, en passant par l’intermède d’un palier médian, lequel dessert des cabinets en mezzanine. Baigné dans la lumière provenant des grandes baies tournées vers le patio, cet escalier, comme on n’en fait plus, propose ainsi une lente promenade architecturale, comme un rituel initiatique destiné à conditionner le visiteur. Par l’emphase de cette distribution et son implantation en façade permettant un généreux éclairage naturel, l’architecte indiquait clairement le programme d’exception. Ce faisant, Camoletti offrait à Genève tout ce dont elle avait manqué pendant tant de siècles : de la pompe ostensible et de l’emphase pour un temple des arts prenant place dans le contexte de l’extension de la ville sur le périmètre de ses anciennes fortifications.

 

Tandis que la chute d’un rivet au Grand Palais de Paris en 1993 amorçait le classement complet de l’édifice au titre de Monument Historique et marquait corollairement le début d’une entreprise de restauration complète de l’édifice, la chute d’un morceau de corniche en 2007 au Musée d’Art et d’Histoire de Genève survenait en plein processus d’une transformation contestée. Faisant preuve d’un provincialisme désolant les autorités genevoises campant obstinément sur des positions aussi incompréhensibles qu’anachroniques s’entêtent à vouloir surélever le bâtiment et obstruer son patio, c’est-à-dire à la priver de ses principales qualités urbanistiques et architecturales.

 

 

04/05/2014

L'Université de Zurich fête son centenaire

Tandis qu'UniBastions est laissé à l'abandon, l'ancien bâtiment de l'Université de Zurich fête en grandes pompes son centième anniversaire. Lors de la conférence de presse qui vient de se tenir, le bâtiment historique d'Unizu, construit par Karl Moser et inauguré en 1914, a été célébré par le recteur, Michael Hengartner, comme l'emblème de la Ville de Zurich et le lieu identitaire par excellence de l'institution universitaire zurichoise. C'est une exposition et toute une série de manifestations qui vont se dérouler jusqu'au mois de septembre pour célébrer le bâtiment. http://www.mediadesk.uzh.ch/articles/2014/ein-wahrzeichen...

unizu.jpg

 

 

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11/02/2014

Que vaut une villa en considération de vingt étages de planchers?

La villa Aghion des Perret à Alexandrie tombe sous les bulldozers. On s'agite sur Facebook, photos de la démolition à l'appui. Les défenseurs de ce patrimoine moderne, exporté sur les rives sud de la Méditerranée, beaucoup d'architectes que l'on ampute d'un bras, pleurent et diffusent la nouvelle. Mais que vaut une villa, quelle qu'elle soit et où qu'elle soit, en considération de vingt étages de planchers? Toute la culture du monde, tout le patrimoine, semblent ne peser pour rien en des temps mercantiles où tout a un prix et où tout se monnaie.

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10/11/2013

Dérive urbaine ou quelques bâtiments universitaires à la dérive ?

Une visite effectuée en 2006 par les étudiant-e-s en Patrimoine et Tourisme à l’intention des nouveaux/elles collaborateurs/trices de l’Université de Genève, intitulée Dérive urbaine, est à l’origine de cette réflexion à propos des bâtiments universitaires, souvent méconnus du grand public. La visite en question, effectuée à pied, débutait dans la rue couverte d’UniMail pour se terminer à l’aula du Bâtiment des Philosophes (ancienne Ecole de Chimie), en passant par UniPignon, l’ancienne Ecole de Médecine, UniDufour, UniBastions. L’histoire et l’état contrasté de ces six bâtiments, des quelques vingt-sept sites occupés à ce moment par l’Université sur le canton de Genève, révélèrent au grand jour une imago mundi d'un monde à plusieurs vitesses.

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20/10/2013

La mairie de Saint-Julien: française ou sarde?

Les 5e Journées du patrimoine de Saint-Julien, prises en charge par des étudiants de l'Université de Genève, ont été l'occasion de découvrir un patrimoine souvent méconnu du public genevois. Localité sous influence piémontaise, Saint-Julien devient française en 1860 et connait à cette occasion un développement considérable. Elle se dote d'une imposante mairie, d'une sous-préfecture, d'une grande église néo-gothique, d'un nouvel hôpital. L'architecte César-Auguste Pompée joue un rôle de premier plan dans cette métamorphose.

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08/04/2013

Protéger/Conserver/Transformer le patrimoine

Jeudi 18 avril se tient la conférence annuelle organisée par l'Office du patrimoine genevois sous le titre générique Protéger, Conserver, Transformer le patrimoine. Patrimoines en mutations. Habiter en ville aux XIXe et XXe siècles. Cette année l'Unité d'histoire de l'art de l'Université de Genève se joint à l'opération en étant représentée par plusieurs de ses jeunes chercheurs/chercheuses. La manifestation est publique et gratuite.

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26/03/2013

Lancement de l'ouvrage Hassan Fathy dans son temps chez Archigraphy

 

Demain 27 mars 2013, 18h00,

chez Archigraphy, 1 pl. de l'Ile,

lancement de l'ouvrage Hassan Fathy dans son temps,

ss. la dir. de Leïla el-Wakil

 

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Reconnu internationalement, Hassan Fathy (1900-1989) est un ténor de l’architecture mondiale du XXe siècle. Il doit sa renommée au fait d’avoir ressuscité les techniques constructives traditionnelles de terre crue afin de bâtir une architecture équitable pour le fellah égyptien. Le village de Nouveau Gourna, projet-pilote pionnier, a suscité autant d’éloges que de critiques. Cette expérience témoigne d’un engagement social, économique et environnemental qui fertilise encore les pratiques constructives en Afrique et au Moyen Orient. Cependant elle ne résume pas l’œuvre et la pensée de Fathy. Le présent ouvrage aborde la diversité et l’ampleur de son travail en le resituant à la fois dans le contexte national international. Les nombreux chapitres réunis illustrent plusieurs facettes de sa vie et de sa carrière d’architecte, artiste, musicien, écrivain, penseur, théoricien.  

27/02/2013

Un pont, un arc, un tunnel?

Beaucoup a déjà été écrit sur la passerelle des Vernets devenue pont Wilsdorf. La notule qui va suivre se propose d'envisager l'objet sous l'angle de sa forme et de son usage et d'une possible symbolique. Ce pont n'est-il qu'un pont? Ce pont est-il un tunnel, ou, pour le dire différemment, un pont couvert? Ou bien est-il un arc, peut-être un arc de triomphe? D'une petite et modeste construction strictement utilitaire, nous voici passés à une installation monumentale qui suscite une réflexion sur les tenants et aboutissants morphologiques et symboliques. Tant il est vrai qu'il était possible de franchir la rivière plus simplement. Or ce n'est pas la frugalité qui a été le mobile à l'origine de l'ouvrage.

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10:15 Publié dans Archi, Patri | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : passerelle des vernets, pont wilsdorf, rolex | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook

15/12/2012

Colloque international sur la conservation du patrimoine mondial d'architecture en terre

Quarante des plus importants experts sur l’architecture de terre - qui abrite près d’un tiers de la population mondiale- partageront leurs expériences à propos de la préservation de ce patrimoine souvent remarquable et toujours respectueux de l’environnement lors d’un colloque qui se tient au siège de l’UNESCO les 17 et 18 décembre.

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12/12/2012

Frédéric Python parle d'Edmond Fatio

De la théorie à la pratique de l'architecture: le Heimatstil des frères Guillaume et Edmond Fatio, tel est le sujet dont nous entretiendra Frédéric Python, historien de l'architecture et assistant à l'Unil, demain lors du dernier séminaire Actualité de la recherche organisé par l'Unité d'histoire de l'art de l'Unige 12h15-13-45 Salle B 108 UniBastions.

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