28/10/2008

Les 500 ans du fils de Pallas

Andrea di Pietro della Gondola débute sa carrière comme tailleur de pierre. Remarqué par le riche Vicentin Gian GiorgioTrissino, qui devient son premier mécène, il reçoit son nom d'artiste, Palladio, le fils de Pallas. Enfant de la déesse de l'intelligence et des arts, Palladio ne déméritera pas. Créateur de villas, de palais et d'églises d'une inventivité sans limites, imité au point d'avoir donné son nom à un style, le palladianisme, auteur d'un traité I Quattro Libri dell'architectura dont les répercussions seront considérables, Palladio est une figure de tout premier plan dans l'histoire de l'architecture. L'exposition qui se tient présentement au Palazzo Baraban da Porto de Vicenza célèbre avec éclat le 500e anniversaire de la naissance de l'architecte.

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19/09/2008

Eugène Viollet-le-Duc entre passion et raison

vld lausanne.jpg

 EVLD-annonce.pdf

 

Conférence organisée par

 

la Municipalité de Lausanne, l’Ambassade de France en Suisse, le Ministère de la Culture et de la Communication, la Société d’Entraide des Membres de la Légion d’Honneur et la Famille

 

avec

 

 Madame Leïla el-Wakil, Maître d’enseignement et de recherche, l’Université de Genève

Monsieur Robert Dulau, Conservateur en chef du patrimoine, Cité de l'Architecture et du Patrimoine à Paris

 

Lundi 29 septembre 2008, à 11h00

 

Aula des Cèdres – Avenue de Cour 33 - Lausanne

10:28 Publié dans Archi | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : patrimoine, conservation monumentale | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook

01/06/2008

Architecture et quotidien des musées

ICOM_Rencontres_du_Leman_2008.pdf

 

 

Les 19, 20 et 21 juin prochains

se tiendront à Genève

les 1eres Rencontres du Léman

qui réuniront les spécialistes des musées français, italiens et suisses

pour un cycle de conférences et de visites

autour du thème de l'architecture et du fonctionnement des musées.

 

Sur inscription dans la mesure des places disponibles. 

 

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11/05/2008

Colloque Tony Garnier en contexte (1899-1914)

tony_garnier_afficheweb.pdf

 

Un colloque consacré à Tony Garnier se tiendra vendredi 16 mai dans la salle B101

(bâtiment UniBastions) de 10h00 à  17h00.

Ce colloque international accompagne une exposition qui se tient dans le hall d'UniDufour

(2 - 23 mai).

La manifestation est ouverte à toute personne que le sujet intéresse

 

 

 

TONY GARNIER EN CONTEXTE (1899-1914)

 

Colloque international organisé par la

Faculté des Lettres de Genève

(Unité d’histoire de l’art)

et la

Fondation Braillard Architectes

à Genève, le 16 mai 2008

 

10h 00 - accueil des participants ; présentation du colloque.

 

10h 15 - Pierre VAISSE, professeur honoraire d’histoire de l’art (Université de Genève) :

              Tony Garnier, l’homme et l’œuvre : les problèmes de la recherche.

 

10h 45 - Dominique BERTIN, maître de conférences d’histoire de l’art (Université de Lyon2) :

              Les villas du Parc de la Tête d’or.

 

11h 30 - Leïla EL-WAKIL, maître d’enseignement et de recherche (Université de Genève) :

              De l’architecture des abattoirs vers 1850 aux abattoirs de La Mouche.

 

 

14h 00 - Pierre-Louis LAGET, conservateur du patrimoine, Direction régionales des affaires culturelles

               (région Nord – Pas-de-Calais) :

            L’exacerbation paradoxale du système pavillonnaire après la découverte des microbes :

            les antécédents de Grange-Blanche.

 

14h 45 - Jean-Michel LENIAUD, directeur d’étude à l’École Pratique des Hautes Études,

               professeur à l’École des Chartes (Paris) :

            Entre autres énigmes de la Cité industrielle.

 

15h 30 - Chantal BARTOLINI-DERIAZ, historienne de l’art (Genève) :

              Tony Garnier et l’architecture viennoise.

 

 16h 15 - Bruno VAYSSIÈRE, architecte, professeur d’urbanisme (Université de Savoie, Chambéry),

                          directeur de la Fondation Braillard Architectes (Genève) :

                 Réflexions sur la Cité industrielle et le plan de Genève de Maurice Braillard.

 

                          Avec la participation d’Elena COGATO, architecte, maître d’enseignement et de recherche à l’E.P.F.L.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Uni Bastions, salle B 101

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18/04/2008

Pionnier égyptien du développement durable: l'architecte Hassan Fathy

500457809.JPGPionnier égyptien du développement durable, Hassan Fathy (1900-1989) a été célébré dans le monde entier de son vivant. Persuadé qu'il fallait offrir au peuple égyptien des maisons bon marché et adaptées au climat, faites dans la technologie traditionnelle de la brique crue (tub il ahdar), il construisit dès la fin des années 1940' un village situé sur la rive ouest de Louxor, le Nouveau Gourna. Ce village-modèle de terre aux lignes d'une grande modernité ne fut jamais achevé; une vingtaine d'années plus tard Hassan Fathy publia le récit de cette expérience dans un ouvrage qui fit le tour de la planète et fut traduit dans plusieurs langues. Le titre français de cet ouvrage est Construire avec le peuple (1971).

Fathy fait état de la nécessité de revenir aux matériaux traditionnels pour des raisons économiques et climatiques; il explique sa redécouverte de la technologie de la terre crue, décrit comment il implique les Gournis dans le dessin de ce nouveau village selon les usages de leurs tribus et à leurs mesures, comment il leur apprend avec l'aide de maîtres-maçons nubiens la fabrication et la mise en oeuvre des briques séchées au soleil. Parce que "si un homme ne peut pas construire seul une maison, dix hommes ensemble peuvent faire dix maisons".

Le village devait donner de la dignité à ses habitants. Il devait être le lieu de la résurgence des savoir-faire artisanaux traditionnels, dont la vente pouvait procurer des revenus supplémentaires. Les enfants disposaient d'une grande et belle école. Il y avait même un théâtre pour les représentations de spectacles à but pédagogique et une aire de jeux pour les divertissements folkloriques. Un marché pour les produits artisanaux sur la place centrale et un marché pour les denrées agricoles près de l'entrée principale constituaient les deux pôles économiques du village. Chaque maison était spacieuse, clairement organisée, et propre à héberger le bétail de chacune des familles.

De toutes ces dispositions, si pleines de mérite et si avant-gardistes du point de vue écologique, il ne reste que lambeaux. Certes la mosquée, restaurée, se dresse toujours sur la place centrale, accompagnée, non loin de là, du bâtiment du théâtre, qui a aussi fait l'objet de soins. Le khan des produits artisanaux et les halles du marché aux bestiaux menacent ruine, de même que plusieurs maisons. L'école des garçons, parmi d'autres bâtiments, a été détruite.

Les développements récents de Louxor et le manque de protection de ce patrimoine, aussi fragile qu'emblématique, ont suscité l'émotion de nombreux architectes et scientifiques; une association internationale s'est créée en février 2008 à Genève sous le nom SAVE THE HERITAGE OF HASSAN FATHY (voir http://fathyheritage.over-blog.com). L'adhésion des spécialistes internationaux de l'architecture de terre, le soutien de nombreuses personalités internationales et égyptiennes donnent à espérer que Nouveau Gourna pourra être préservé et restauré pour continuer de témoigner d'une éthique sans faille et d'une pensée architecturale juste.  

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13/04/2008

Architecture: faut-il classer la cité du Lignon?

1848822440.jpgLe Lignon, cité pour 10.000 habitants, la cité des cités dans la Genève des années 1960', tout au bout de la ligne du bus 7 de l'époque, si loin de Genève ... On y allait en excursion le jeudi après-midi, comme on allait à Meyrin, autre cité nouvelle avec son centre commercial, sa succursale de l'Uniprix de l'époque et sa Migros toute moderne. Un peu d'Amérique avec ses immeubles-barres, ses gratte-ciel s'offrait à nous dans la périphérie de la vieille Genève! La nouvelle ville-dortoir du Lignon souleva l'étonnement puis l'effroi: deux tours inatteignables par les échelles de pompiers, un bâtiment unique zigzaguant sur un peu plus d'un kilomètre de longueur. Le tout bâti dans un site naturel exceptionnel, offensant le regard des habitants de la zone villas située en contrebas.

Une vieille tante expropriée de sa villa de La Chapelle sur Pinchat, à l'emplacement de laquelle se construirait le bâtiment des TPG au Bachet de Pesay, emménagea un beau jour dans la grande tour du Lignon. Toute la famille se transporta  avec curiosité pour visiter les lieux. Contre toute attente l'appartement était bien distribué, la vue grandiose et il y avait une piscine sur le toit ... Cet ancrage familial de même qu'une suppléance assurée quelques années plus tard dans le cycle d'orientation du Renard, à proximité immédiate de ladite cité, me procurèrent maintes occasions de revenir au Lignon. 

Je me rappelle encore la visite que nous fîmes au Lignon en compagnie de Maurice Besset, un de nos professeurs d'histoire de l'art. Un architecte, peut-être Addor ou Julliard, nous attendait pour nous faire visiter un appartement-témoin de la barre d'un kilomètre de long et nous expliquer le parti urbanistique et architectural, le projet massé n'occupant qu'à peine 10% du paysage arboré, la préfabrication, les appartements traversants, les façades verre et alu. Puis il conclut en disant que l'amortissement avait été prévu sur 50 ans.  Et je me souviens encore de m'être demandé si cela signifiait que les bâtiments pouvaient ensuite être bons à jeter, à l'ère de la toute nouvelle société de consommation, celle des bas nylon, qui filaient si vite! 

Or, à l'heure du développement durable, chacun sait que les bâtiments ne sont pas des biens de consommation périssables, qu'ils doivent être considérés comme des ressources, qu'avant d'envisager les démolir on doit se poser la question de leur survie et de leur adaptation. Très décrié et accusé injustement de trop de maux par certains, le Lignon fut pourtant considéré par les autorités et une majorité d'usagers comme la juste réponse aux problèmes de logement dans les années '60. L'ensemble continue de remplir pleinement cette fonction et pour cette seule raison il mérite d'être entretenu avec respect, dans l'esprit de ses concepteurs. Le classement, mesure de protection extrême, inventée au XIXe siècle pour  sauver des monuments, n'est sans doute pas la plus adéquate des mesures pour protéger le plus grand projet résidentiel jamais construit à Genève. Il semble malheureusement que l'arsenal légal en vigueur ne laisse toutefois pas beaucoup d'autre choix!  

 

 

 

 

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07/04/2008

RECENSER/CONSERVER/TRANSFORMER LE PATRIMOINE

Patrimoine avril 08.pdf

 

Mercredi 9 avril 2008 19h00 - 21h

Auditorium Arditi Place du Cirque

Conférence sur le Patrimoine industriel et ses nouveaux usages

Public et gratuit

Organisé par la Direction du patrimoine et des sites


"La notion de patrimoine industriel dépasse le cadre de la seule approche architecturale pour intégrer les dimensions techniques, sociales et économiques des activités de production. Achevé récemment, le recensement du patrimoine industriel du canton de Genève, qui peut être consulté sur internet, constitue non seulement un outil d’évaluation, mais également un instrument de connaissances.
Quelle contribution cette base de données peut-elle apporter aux nouveaux usages du patrimoine ? Quelle portée économique et
culturelle peut-on lui attribuer ? Comment les récentes interventions architecturales s’inscrivent-elles dans cette problématique ?
Cette manifestation est organisée par le Département des constructions et des technologies de l’information ( DCTI ) et la Fédération des associations d’architectes et d’ingénieurs de Genève ( FAI ) avec le soutien de la Fédération des entreprises romandes Genève, la Fédération genevoise des métiers du bâtiment, la Fondation pour les terrains industriels de Genève, Patrimoine suisse Genève et l’Union industrielle genevoise.

Introduction

Allocution
M. Mark Muller, Conseiller d’État en charge du Département des constructions et des technologies de l’information ( DCTI )

Conférence
Le recensement du patrimoine industriel et ses enjeux
Bénédict Frommel, historien, Direction du patrimoine et des sites ( DCTI ), Pascal Tanari, architecte


Présentation de réalisations architecturales par leurs auteurs


Surélévation et transformation de l’ancienne usine Bosch pour Médecins sans Frontières par Jean-Pierre Golinelli, architecte / Thomas Büchi, ingénieur bois


Transformation de l’ancienne usine de la SIP à Plainpalais par Devanthéry & Lamunière, architectes


Transformation de l’ancienne usine Tavaro et transformation d’une ancienne usine à la rue de la Muse par Ris & Chabloz, architectes


Débat

Apéritif de clôture

www. geneve.ch/patrimoine"
 

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31/03/2008

Un projet digne du prix Prizker

L'architecte français Jean Nouvel, pressenti pour la transformation du Musée d'Art et d'Histoire de Genève, vient de remporter le prix Nobel de l'architecture, le prix Prizker. Créateur au génie indéniable, l'architecte restera à la postérité pour ses grands projets que sont les immeubles Nemausus de Nîmes, l'Institut du Monde arabe et le Musée du quai Branly à Paris, le KKL de Lucerne, le tour Agbar à Barcelone, le Louvre à Abu Dhabi.

2038813473.jpg Mais qui citera au nombre de ses chefs d'oeuvre l'Opéra de Lyon? La transformation menée dans ce cas, outre qu'elle priva le bâtiment ancien de sa substance d'origine et qu'elle dérangea son organisation statique, n'arrache généralement pas au spectateur des cris d'extase. A l'intérieur la pratique des passerelles de caillebotis noires sur fond noir inspire le vertige aux spectateurs des galeries supérieures et les limites de la carcasse Beaux-arts imposent leur étroitesse au nouvel espace surélevé. De dehors la nuit la voûte illuminée signale au loin la présence du bâtiment transformé et lui confère son surnom de grille-pain. Là réside peut-être désormais la principale qualité de l'Opéra de Lyon!

Pourquoi donc s'obstiner à confier à Nouvel la tâche, somme toute ingrate, de remanier un bâtiment Beaux-Arts, dont plusieurs observateurs avertis vantent les mérites intrinsèques? Confiner le démiurge dans l'espace d'une cour intérieure dont il débordera de toutes parts ne satisfera pas plus aux exigences de la sauvegarde qu'à celles de la création. Nouvel, désormais nobelisé de l'architecture, mérite mieux qu'un patio pour exprimer son talent à Genève. Trouvons-lui un terrain où il puisse donner libre cours à son génie et laissons par là-même au bâtiment de Camoletti une chance de survie paisible. 

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29/03/2008

Note de Fuerteventura

73034624.jpgLes Canaries sont connues plus pour leurs plages et leurs cieux cléments que pour leurs richesses artistiques. Fuerteventura la sauvage et la volcanique, paradis des surfeurs, mérite pourtant qu'on la considère aussi sous l'angle de son patrimoine culturel. Des paysages arides façonnés par la lave et l'érosion, semés de broussailles dans lesquelles paissent les chèvres, les habitants ont pourtant réussi à tirer le meilleur parti. L'arrière-pays est constellé de hameaux, à peine des villages, aux petites maisons blanches encadrées de chaînages sombres. Les propriétés sont entourées de murets de petites pierres volcaniques, qui servent aussi à couper le vent. Antigua, Betancuria, Tefia, Sta Ines ... autant des localités historiques, articulées autour d'une église souvent baroque aux naïvetés insulaires d'un pays de bout du monde.

 

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La cathédrale Santa Maria de Betancuria (localité fondée par le Normand Jean de Béthencourt au XVe siècle), reconstruite dans le courant du XVIIe siècle, a des dehors un peu patauds d'église "romane"; un clocher, chaîné de pierres rousses, la jouxte et domine l'entier du village. Le vaisseau comporte trois nefs couvertes de solides charpentes en bois sombre. Le maître autel daté entre 1684 et 1718, entièrement sculpté dans le bois dur, occupe tout le mur de chevet. Sa polychromie et ses dorures enchâssent des peintures de facture naïve et presque inattendues en un lieu si reculé. On attribue l'ouvrage à un maître nommé Francisco Hernandez. 

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Les implantations traditionnelles du centre de l'île contrastent infiniment avec les urbanisations maritimes qui criblent certaines parties des côtes. Là les projets se juxtaposent et se contredisent, sans concertation apparente, dans un esprit de surenchère qui nuit à la beauté des paysages. A Jandia où, dès les années 1960, se développa le tourisme des charters, les anciens équipements, pourtant encore en activité, ont été pris en étau par de nouveaux complexes. L'élégante Casa Atlantica, qui porte difficilement sa quarantaine d'années à cause de ses bétons carbonatés, s'est vue assiégée par un centre commercial dernier cri où l'on trouve, entre les cosmétiques Douglas et les boutiques des marques internationales Diesel and co, la pizzeria-ceveza für deutschen Kunden et un Mac Donald!

Quand bien même l'île comporte de grandes réserves naturelles protégées et le plus grand parc national de l'Espagne, il est à craindre que les appétits des promoteurs ne viennent à bout du paysage naturel et culturel de Fuerteventura. 

 

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15/03/2008

Bientôt les Alpes, banlieue de Shangaï?

 

Dès le temps du Grand Tour, la Suisse fut visitée par l’Europe entière. Elle était le passage obligé des Anglais vers le Sud. De Genève ces derniers s’aventuraient en Suisse centrale, aux abords du Lac des Quatre Cantons, admirant aux aurores le lever du soleil depuis le Rigikulm. Caractérisée par ses montagnes sublimes (les espouvantables montagnes de Madame de Sévigné !), cette Suisse fut abondamment représentée dans les paysages d’Alexandre Calame et de son école ; des montagnes faites mythes, éternellement balayées par des vents tempétueux, bâties de mazots et de chalets en rondins, des montagnes hérissées de sapins, certains, au premier plan, le tronc brisé comme des ruines végétales, totalement pathétiques ! C’était là l’image dominante de ces premières cartes postales de la Suisse que furent les vues peintes par des artistes de renom.

 

Les développements touristiques du tournant du XXe siècle virent naître un mouvement immobilier sans précédent ! Les palaces prirent les Alpes d’assaut et celui du Rigikulm, construit par Eugène Davinet, profana le sommet mythique ! Une conscience du patrimoine et de la beauté paysagère des sites helvétiques prit alors forme sous la plume de Marguerite Burnat-Provins, de Georges de Montenach, de Guillaume Fatio, une majorité d’intellectuels romands, pour défendre les singulières Beautés de la Patrie. Ainsi naquit en 1907 le Heimatschutz, récemment rebaptisé Patrimoine suisse, et ses sections cantonales. Avant que de défendre l’architecture helvétique, il fut bien davantage question de défendre les paysages suisses dans leurs spécificités naturelles contre l’industrialisation hôtelière galopante et l’ « enferrement des Alpes ». La plus grande victoire du Heimatschutz dans ce domaine fut certainement la tardive démolition en 1953 de l’hôtel du Rigikulm au son des toupins et des chants de liesse.

 

Or, peu d’années après l’adoption par l’UNESCO d’une charte sur la diversité culturelle (2001) pour contrer les phénomènes de mondialisation dans le domaine de la culture aussi, que nous propose le grison Köbi Gantenbein dans l’exposition intitulée Die Neuerfindung der Alpen ? De grands projets d’architecture à l’assaut des sites de la haute montagne helvétique ? Afin de bannir belliqueusement cette image de carte postale qui fait toujours la Suisse, et qui, chaque jour, sans qu’on le veuille vraiment, ou surtout faute de l’entretenir et de la cultiver, s’estompe un peu plus. Une image pas vieillie du tout et qu’il faudrait redorer, à l’heure de la priorité donnée à la diversité culturelle, quoi qu’en pensent les promoteurs autant que les offices du tourisme, trop sensibles au tout économique.

 

Qu’on se le dise ! Le redécouverte des Alpes passe certainement davantage par la continuité de sages et respectueux processus, à savoir la protection de ce qui peut encore être protégé : des paysages incomparables, une architecture vernaculaire et des villages uniques au monde ! Savoir jouer délicatement avec ces joyaux d’un paysage culturel exceptionnel demeure une gageure digne d’être relevée par les meilleurs architectes de Suisse et de la planète. Sans quoi les Alpes ne seront bientôt plus que la banlieue de Shangaï!

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