07/03/2008

Cressy, un quartier neuf au-dessus de nos moyens ?

Ecole primaire de Cressy

 

Usagère intermittente des Bains de Cressy, au demeurant un remarquable complexe de santé, habillé de lamelles de bois roux, projeté par Pierre-Alain Renaud dès 1992, je traverse parfois le nouveau quartier qui s’est développé alentours. Un quartier qui donne envie d’y vivre, de sympathiques immeubles modernes de deux étages sur rez-de-chaussée et un magnifique centre scolaire durable, né dans l’agence Devanthéry § Lamunière. Cette école livrée en 2006 prend une belle place dans la tradition des palais de l’enseignement helvétiques. Surnommés par les auteurs eux-même les Lucioles, les trois bâtiments scolaires restituent au quartier une fois la nuit tombée l’énergie accumulée sous forme de luminescences et d’opalescences d’aurores boréales. Les Lucioles, l’une pour les classes, la seconde pour la salle de gym et la troisième pour l’aula et les cuisines scolaires, sont le cœur palpitant et vivant de Cressy.

Cressy est un quartier neuf, un quartier modèle, planifié dès la fin des années 1990 à cheval sur trois communes (Confignon, Bernex et Onex). On y a convoqué les meilleures agences d’architecture pour y construire des immeubles HBM. De faibles gabarits, pour ainsi dire villageois, de 2 à 3 étages sur rez-de-chaussée ! Chaque immeuble a son caractère et sa couleur ; du jaune au rouge en passant aussi par le blanc ! Un quartier sympathique, où chacun d’entre nous aimerait vivre, un quartier à échelle humaine où les habitants se sont rapidement groupés en association pour défendre leurs intérêts.

Une question se pose pourtant aujourd’hui en regard de la pénurie de logements. Dans le marché immobilier déjà étranglé des années 1990, comment expliquer ce choix d’urbanisation ? Comment excuser la faiblesse des gabarits ? Comment comprendre le gaspillage territorial ? Le quartier de Cressy, quelles que soient ses qualités, n’est-il pas un luxe au-dessus de nos moyens ? N’aurait-il pas mieux valu construire déjà les immeubles hauts de 29 mètres ou davantage que Genève se souhaite aujourd’hui ? Et qu’elle imagine trouver en surélevant les quartiers finis ! A moins qu’on ne pense à présent à gagner dans la surélévation de Cressy-même les m2 supplémentaires qui nous manquent ?

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