12/05/2015

MAH-: NON au "projet Nouvel" pour le Musée d'Art et d'Histoire

COMMUNIQUE DE PRESSE

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MAH- Non au « Projet Jean Nouvel » pour le Musée d’Art et d’Histoire de Genève

Rassemblant des opposants de différents horizons culturels et politiques au "projet Jean Nouvel" pour le Musée d’Art et d’Histoire de Genève,

les administrateurs de la page Facebook MAH- https://www.facebook.com/agrandissementMAHnon
et du site Mahmoins http://mahmoins.simplesite.com/

entendent faire valoir des arguments en faveur de la restauration dans les règles de l’art du Musée d’Art et d’Histoire de Genève et prendre le contrepied d’une propagande sans limite propagée par tous les canaux et organes officiels et inofficiels.

Construit par Marc Camoletti, l’un de nos meilleurs architectes genevois du début du XXe siècle, le Musée d’Art et d’Histoire est un monument majeur du patrimoine genevois et national qui aurait dû figurer sur la liste des monuments classés depuis longtemps.

Contrairement à ce qu’assènent les partisans de ce projet, vieux de dix-sept ans, la coûteuse transformation qu’on entend lui faire subir, sous le label de « projet Nouvel », va, en occupant la cour, en disqualifier la distribution, la subtilité de l’éclairage et la respiration de l’architecture sans pour autant augmenter sensiblement les surfaces à disposition des actuelles collections. Il est par ailleurs déplacé d’invoquer ici quelque principe de réversibilité que ce soit, s’agissant d’un projet devisé à quelques 140 M° de frs. Enfin le Partenariat Public/Privé mis sur pied avec la Fondation Gandur revient à une inacceptable privatisation d’un patrimoine public.

Alarmé de façon plus générale par la désinvolture avec laquelle nos élus et nos représentants dans la Commission des Monuments, de la Nature et des Sites considèrent le patrimoine architectural auquel les Genevois sont attachés et gèrent son destin, MAH- entend marquer sa désapprobation à l’égard de projets outranciers et vulgaires qui dénaturent les monuments et le paysage urbain genevois.

MAH- Genève, le 12 mai 2015.

22/02/2015

Dans les méandres de la globalisation. Le Musée d’art et d’histoire de Genève

 

Inauguré en grande pompe en 1910, le Musée d’art et d’histoire de Genève, résultat final de deux concours d’architecture, continue d’impressionner les visiteurs locaux et étrangers. Sur le site de Tripadvisor, dont une rubrique tient le rôle d’enquête de satisfaction, les commentaires de ces quatre dernières années nous en apprennent beaucoup sur la réception du bâtiment et de ses collections par le public. Plusieurs touristes s’étonnent de trouver à Genève un aussi «magnifique» bâtiment, «un palais exceptionnel», avec cour intérieure et splendide escalier.


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13/12/2014

Bâtiment des Philosophes: un palais ou une usine?

Lundi 8 décembre dernier on inaugurait devant un public ravi et nombreux un bâtiment qui avait été menacé de démolition dans les années 1960' pour faire place aux grands projets des ingénieurs de la circulation et du tout automobile en ville. Construite par un tandem formé à l'Ecole germano-alémanique de Gottfried Semper, les architectes Henri Bourrit, diplômé de l'Ecole Polytechnique de Zurich, et Jacques Simmler, l'ancienne Ecole de Chimie, alias Bâtiment des Philosophes, est un bâtiment étonnant, parfait représentant des conceptions académiques et modernes à la fois de l'architecture de la seconde moitié du XIXe siècle.

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Photo Unige, Après la première réfection de façade (photo Sébastien Bergot, 1997)

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29/11/2014

Bel immeuble Bel

Orienté plein Sud le quartier des Tranchées est un site demeuré exceptionnel et exceptionnellement exemplaire dans toute l'histoire de l'urbanisation genevoise. L'historien de l'architecture Rolf Pfändler lui avait consacré son mémoire de licence, publié dans la revue du Musée d'Art et d'Histoire Genava (1979) et en avait reconnu toutes les qualités urbanistiques et architecturales. Dans ce contexte rare, entre cours et jardins, plusieurs bâtiments se distinguent par leur qualité hors pair. C'est le cas de l'immeuble Bel, à l'angle de la rue Jean Sénebier et de la rue Imbert Galloix, oeuvre de jeunesse de Maurice Braillard.

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03/11/2014

Charles Galland, la suite.

Cher Monsieur Pulfer, mon articulet est un brûlot. En effet. Parce que tous les arguments censés ont déjà été employés. En pure perte. Si la liberté d’expression est encore possible, dans une République consensuelle et timorée qui a des relents de ploutocratie, ce pamphlet a pour but de réveiller le public, de contrer les marchands de rêve et leurs images d’architecture sur papier glacé … Et ce, tandis que le rouleau compresseur des partisans d’un projet architectural, qui met à mal un monument emblématique du patrimoine genevois, fait un forcing lourd et aveugle qui n’est pas sans évoquer l’aéroport de Notre-Dame des Landes,  le barrage de Sivens …

 

Ravie que vous ayez pris de l’intérêt à lire ma thèse consacrée à un petit pan de l’architecture genevoise. Vous aurez peut-être aussi parcouru toutes mes autres publications scientifiques sur Genève et celles de mes nombreux collègues et des étudiants du Département d’Histoire de l’art et de musicologie de l’Université de Genève, qui depuis une trentaine d’années documentent, éclairent, expliquent et sortent de l’oubli le patrimoine architectural genevois, au demeurant fort riche et intéressant. Sans toutefois que les conclusions de conservation et de revalorisation, qui partout ailleurs s’imposeraient, ne soient prises. Qui pour défendre et chérir ces bâtiments qui sont les vôtres et que vous appréciez tant dans les livres? L’Office du patrimoine de l’Etat n’a jamais reçu les moyens qu’il mérite et qu’il semblerait si naturel de lui donner dans une Ville de Culture (sic le Routard) et il ne fait pas le poids face aux assauts des affairistes.

 

Vous souhaitez que je parle d’architecture, comme s’il n’avait pas déjà tant été question de toutes les belles qualités du Musée d’Art et d’Histoire de Marc Camoletti. Mais comme certains s’ingénient à dénigrer l’édifice, je m’exécute bien volontiers. D’autant plus volontiers que le projet de réhabilitation du MAH avait été l’objet de mon diplôme en architecture. Je me rappelle encore combien mes maîtres de l’époque (Raymond Reverdin, Italo Insolera) m’avaient mise en garde sur les profils des moulures et autres détails du décor intérieur qu’il s’agissait de conserver à tout prix …

 

Doté d’une façade qui déroule sa colonnade colossale ionique de part et d’autre de la porte d’entrée monumentale, surmontée de l’allégorie des Arts et de la Renommée de Paul Amlehn, l’imposant quadrilatère a été conçu dans la plus internationale tradition Beaux-Arts du temps : ce sont le Petit et le Grand Palais parisiens qui sont convoqués ici. L’édifice marquera la Genève du début du XXe siècle, tout comme les deux palais de l’Exposition Universelle de 1900 ont marqué la Ville Lumière.

 

Organisées autour d’un patio quadrangulaire en jardin, les grandes galeries du rez-de-chaussée, qui étaient toutes dotées d’un décor ornemental devenu ténu aujourd’hui (et d’un mobilier exceptionnel complètement disparu), sont éclairées a giorno par d’immenses baies en plein cintre. Celles de l’étage reçoivent un éclairage zénithal diffusé par les impressionnantes verrières, qui obéissaient aux progrès les plus avancés de la technologie muséale. De plus petits cabinets prennent jour du côté du patio.

 

Pièce de résistance de l’intérieur de l’édifice, le grand escalier déroule ses deux immenses volées opposées, du palier inférieur au palier supérieur, en passant par l’intermède d’un palier médian, lequel dessert des cabinets en mezzanine. Baigné dans la lumière provenant des grandes baies tournées vers le patio, cet escalier, comme on n’en fait plus, propose ainsi une lente promenade architecturale, comme un rituel initiatique destiné à conditionner le visiteur. Par l’emphase de cette distribution et son implantation en façade permettant un généreux éclairage naturel, l’architecte indiquait clairement le programme d’exception. Ce faisant, Camoletti offrait à Genève tout ce dont elle avait manqué pendant tant de siècles : de la pompe ostensible et de l’emphase pour un temple des arts prenant place dans le contexte de l’extension de la ville sur le périmètre de ses anciennes fortifications.

 

Tandis que la chute d’un rivet au Grand Palais de Paris en 1993 amorçait le classement complet de l’édifice au titre de Monument Historique et marquait corollairement le début d’une entreprise de restauration complète de l’édifice, la chute d’un morceau de corniche en 2007 au Musée d’Art et d’Histoire de Genève survenait en plein processus d’une transformation contestée. Faisant preuve d’un provincialisme désolant les autorités genevoises campant obstinément sur des positions aussi incompréhensibles qu’anachroniques s’entêtent à vouloir surélever le bâtiment et obstruer son patio, c’est-à-dire à la priver de ses principales qualités urbanistiques et architecturales.

 

 

28/10/2014

Charles Galland, revenez-nous!

Alors que l'avenir du Musée d'Art et d'Histoire n'en finit pas de secouer la parvulissime République (un débat de plus va se tenir prochainement entre partisans et opposants du "projet Nouvel" ...) on peut prendre un peu de recul et questionner la question du mécénat à Genève. Le legs de Gustave Revilliod, riche et généreux célibataire léguant à la collectivité son mythique Ariana (en fait un mémorial à sa mère Ariane tant aimée), réceptacle de sa vision du monde et de la collection, est passé à deux doigts de l'anéantissement qui aurait irrémédiablement ruiné le fruit de sa vie et de ses efforts. Qui, par ailleurs, se souvient encore de l'énorme legs Brunswick de 12 M° de francs or qui a alimenté l'érection de tant d'ouvrages fameux (en dehors de son propre cénotaphe qui trône en bonne place en face de l'hôtel qui l'a vu mourir) et qui, alors que les Bâtiments Académiques (alias le bâtiment d'UniBastions), construit grâce à sa magnanimité posthume, se sent concerné par l'hommage à rendre à sa générosité?

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04/05/2014

L'Université de Zurich fête son centenaire

Tandis qu'UniBastions est laissé à l'abandon, l'ancien bâtiment de l'Université de Zurich fête en grandes pompes son centième anniversaire. Lors de la conférence de presse qui vient de se tenir, le bâtiment historique d'Unizu, construit par Karl Moser et inauguré en 1914, a été célébré par le recteur, Michael Hengartner, comme l'emblème de la Ville de Zurich et le lieu identitaire par excellence de l'institution universitaire zurichoise. C'est une exposition et toute une série de manifestations qui vont se dérouler jusqu'au mois de septembre pour célébrer le bâtiment. http://www.mediadesk.uzh.ch/articles/2014/ein-wahrzeichen...

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05/03/2014

L'Eglise de la Nativité au patrimoine mondial

Dans un auditoire Rouiller très rempli se tenait hier la première conférence d'un cycle de quatre conférences, intitulé "Le patrimoine culturel de l'humanité: un outil pour la paix", organisé dans le cadre de la chaire Unesco du droit international de la protection des biens culturels (UNIGE), dont le professeur Marc-André Renold est le titulaire. Elias Sanbar, poète, essayiste, politicien, fit, au titre d'ambassadeur de Palestine auprès de l'Unesco, une brillante présentation du classement au patrimoine mondial du premier monument de Palestine à entrer dans ce cénacle: l'église de la Nativité de Bethléem.


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11/02/2014

Que vaut une villa en considération de vingt étages de planchers?

La villa Aghion des Perret à Alexandrie tombe sous les bulldozers. On s'agite sur Facebook, photos de la démolition à l'appui. Les défenseurs de ce patrimoine moderne, exporté sur les rives sud de la Méditerranée, beaucoup d'architectes que l'on ampute d'un bras, pleurent et diffusent la nouvelle. Mais que vaut une villa, quelle qu'elle soit et où qu'elle soit, en considération de vingt étages de planchers? Toute la culture du monde, tout le patrimoine, semblent ne peser pour rien en des temps mercantiles où tout a un prix et où tout se monnaie.

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02/02/2014

Penser la tradition / Pratiquer le patrimoine

La commande d’une contribution dans le cadre de Retour d’y voir ouvre sur différents possibles : un article ou un essai en rapport avec les recherches faites ou en cours. Une occasion de sortir du cadre balisé de l’article scientifique standard pour proposer un papier entre ego-histoire et réflexion sur l’histoire de l’architecture, la tradition et la pratique du patrimoine.  L’esquisse repose sur les acquis d’une double formation professionnelle en histoire de l’art et en architecture et une pratique à cheval entre les deux disciplines depuis le début des années 1980. Le phénomène patrimonial est observé à travers le prisme du patrimoine architectural, le plus matériel de toutes les sortes de patrimoines, actuellement noyé dans la brume indéfinissable du patrimoine immatériel. Mon insistance à relever l’aspect pratique de la question patrimoniale vise à prendre le contrepied d’attitudes théoricistes de certains cols blancs de l’histoire de l’art, qui observent le terrain avec commisération[1]. Ceux-là estiment qu’il sied de garder ses distances, qu’il n’y a pas à se salir les mains. Mais le patrimoine ne fait vraiment pas que se penser[2] ; c’est bien au contraire l’action qui le fait exister.



[1] Un de nos collègues romands passionné d’architecture vernaculaire taxe de bouseux les architectes spécialistes de la terre, auxquels appartiennent par exemple les représentants de Craterre, et admoneste de ne point confondre le projet éditorial et le projet de sauvegarde.

[2] Selon le titre éponyme de l’ouvrage de Roland RECHT, Penser le patrimoine. Mise en scène et mise en ordre de l’art, Paris, 1999 ; et aussi Françoise CHOAY, L’allégorie du patrimoine, Paris, 1992 notamment

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