09/03/2009

Les cottages du Rajhastan

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L'architecture sans architectes survit dans mille régions du monde. Architecture simple, élémentaire, évidente, elle impose au spectateur qui s'attarde à l'observer, en marge des palais de maharajahs, ses qualités primordiales. Elle allie la forme à la fonction selon les meilleurs principes fonctionalistes et s'intègre au paysage du désert du Thar sans problèmes. Les "cottages" se succèdent les uns aux autres, méconnus et sousestimés, mais véritable patrimoine de terre.

Souvent les femmes construisent les maisons et les décorent. La technologie de la terre crue sur armature de branchages avec couverture de branches ou de chaume est d'une extrême simplicité. A la portée de chaque paysan et de chaque paysanne. L'unité d'habitation consiste en une case de plan circulaire souvent, ovoïde parfois. Chaque unité abrite famille ou bestiaux. Dans un pays où le terrain vaut peu, on accroît le nombre d'unités au gré de l'agrandissement de la famille. Ainsi se constituent des domaines, articulés autour d'une cour en terre battue, soigneusement balayée, et entourée d'un mur d'enceinte, qui comprennent un nombre variable de cases.

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Cette architecture vernaculaire, comme déjà l'avait prônée Bernard Rudowsky dans la mémorable exposition du MOMA de 1964, Architecture without architects, a short introduction to non-pedigreed architecture, donne à réfléchir sur nos usages civilisés et nos logements architecturés. De cette rêverie, et si l'on prend en compte le souci de développement durable, l'habitat cultivé et ses raffinements, dans lequel nous vivons, n'en sort pas toujours grandi!

 

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31/01/2009

Le théâtre de Nouveau Gourna en danger

La mission internationale organisée par l’Association Save the heritage of Hassan Fathy sur place à Nouveau Gourna du 22 au 27 janvier et a constaté de nombreux problèmes préoccupants en plusieurs endroits du village. Elle est cependant particulièrement catastrophée du chantier de construction de deux bâtiments administratifs, entrepris tout récemment au dos du magnifique théâtre de Hassan Fathy. Qu’un tel chantier ait pu être entrepris alors que l’Association est créée depuis une année et bénéficie du soutien de Madame Moubarak est tout simplement consternant.

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29/01/2009

Nouveau Gourna HELP

Le village de Nouveau Gourna (rive ouest de Louxor) est considéré comme un Patrimoine de l'Humanité quand bien même il ne figure pas encore sur les listes de l'UNESCO. La mission de Save the Heritage of Hassan Fathy qui s'est rendue sur place du 22 au 27 janvier 2009 a constaté que ce patrimoine est au bord de la ruine. Pire un chantier pour deux bâtiment administratifs vient de commencer sur l'esplanade des fêtes située à l'arrière du magnifique théâtre de Hassan Fathy, quant à lui encore en bon état de conservation. Il faut absolument STOPPER ces constructions qui vont irrémédiablement durcir la situation de non retour. Adhérez à Save the heritage of Hassan Fathy (www.fathyheritage.com) et au groupe de Facebook.com Save Gourna!

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14/01/2009

La mission de la dernière chance pour sauver Nouveau Gourna

L'association internationale Save the heritage of Hassan Fathy qui s'est constituée à Genève le 28 février 2008 organise la mission de la dernière chance pour sauver le Nouveau Gourna de Hassan Fathy. Ce village qui est l'oeuvre majeure de l'architecte célébré internationalement et récompensé par plusieurs prix internationaux dont le Grand Prix de la Fondation Aga Khan est en ruines. Quand bien même il a servi de modèle au monde entier, des Amériques à l'Afrique subsaharienne, en passant par l'Asie, il est actuellement dans un état de dégradation avancée. La mission de la dernière chance est entièrement bénévole et l'Association Save the heritage of Hassan Fathy espère réussir à mettre en route un processus de réflexion quant au réusage et à la restauration du village. Tout sponsoring est bienvenu.

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21/12/2008

Halte aux migrations de l'UBS

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On pourrait sans trop exagérer dire qu'un bâtiment sur quatre du centre ville de Genève est un établissement bancaire. Genève toutefois possède un quartier qu'on appelle le quartier des banques et qui remonte à la seconde moitié du XIXe siècle. Des beaux bâtiments fazystes à toiture Mansart, construits dans le périmètre situé entre le Grand Théâtre, le Rhône, la rue de la Corraterie et le boulevard Georges Favon, abritent encore plusieurs établissements bancaires. Le secteur Bel-Air-Corraterie offre a lui seul une importante concentration de banques et l'on y assiste depuis une vingtaine d'années à un étourdissant ballet de chaises musicales.

Le Crédit Lyonnais du quai de la Poste s'installa en 1876 dans l'ancien marché couvert transformé en nouvelle poste par Jacques-Louis Brocher dans les années 1840. Le premier siège de la Société de Banques Suisse fut construit au n° 6 de la Corraterie par Edmond Fatio en 1911-1912, à l'emplacement d'un tronçon de la rue de la Corraterie malheureusement tombé à l'occasion du percement de la rue du Stand. Maurice Turrettini construisit en lieu et place de la Maison des Trois Rois de Bel Air le siège du Crédit Suisse, conservé à son emplacement sous une carrosserie clinquante. Tout les quinquagénaires se souviennent encore du scandale suscité par la construction de la Caisse d'Epargne de la Corraterie (1968-1972), surnommée la Kaba; cette dernière, à laquelle on avait fini par s'habituer, vient de subir un rhabillage BCBG aseptisé pour le compte de BNP Paribas.

boule29.JPGL'histoire pleine de péripéties du parc immobilier de l'UBS au centre ville de Genève est une histoire qui mériterait d'être finement analysée. UBS résulte comme chacun sait de la fusion en 1998 de la Société de Banque Suisse et de l'Union de Banques Suisses. UBS se retrouve de ce fait à la tête d'un important patrimoine immobilier. Peu de temps avant la fusion la SBS, forte de son magnifique hôtel des banques angle rue de la Corraterie et rue de la Confédération, a procédé à d'importants travaux sur le n° 5 rue de la Corraterie, un immeuble de Marc Camoletti construit au début du XXe siècle à l'emplacement de l'ancienne Tour Thelusson.  Cette opération de la fin des années 1980 fit couler beaucoup d'encre. En effet les associations d'architectes et les défenseurs du patrimoine s'insurgèrent contre l'empaillage du bâtiment, dont on ne conserva que la façade derrière laquelle on construisit un bâtiment bancaire moderne doté de quatre niveaux de sous-sols pour les safes. A cette occasion le magnifique siège de la SBS sur la rue de la Confédération fut complètement remodelé; il perdit son splendide hall des guichets, morcelé et remplacé pour partie par le chocolatier Desplanches et pour partie par d'autres locaux commerciaux.

Les aléas récents font que l'UBS annonce vouloir se dessaisir de son siège de la rue de la Confédération, qui devrait être transformé en commerces.  Les bâtiments de la Corraterie devraient suffire. Mais on apprend que la banque lorgne aussi sur le côté pair de la rue, le bel alignement construit sur les plans de Guillaume-Henri Dufour et de Samuel Vaucher, sous la Restauration genevoise, comme une petite rue de Rivoli, résidentielle et commerçante. Avec ses belles arcades commerciales l'alignement a réussi à échapper jusqu'à présent à l'occupation bancaire. Contrairement au côté impair qui comprend notamment la maison devenue Lombard, Odier, Darier, Hentsch et Cie au n° 11, un ancien hôtel particulier du XVIIIe siècle amplifié et modifié au cours du XXe siècle et qui a conservé sa fonction d'hôtel bancaire jusqu'à nos jours.

Cette fébrilité du secteur économique pèse lourd sur le patrimoine genevois depuis l'époque des Trente Glorieuses. Les Genevois lui ont sacrifié leurs quais, leurs Rues Basses, leurs anciens grands magasins. Or le patrimoine architectural ne devrait en aucun cas être à ce point inféodé aux aléas de l'économie. En effet il se définit comme un héritage qui nous vient de nos pères et que nous avons le devoir moral de léguer à la postérité. A ce titre le côté pair de la rue de la Corraterie mérite qu'on en protège la forme et les activités qui s'y trouvent.

 

 

 

 

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17/12/2008

Le quart monde de l'Université de Genève

Deux étudiantes en Lettres de l'Université de Genève, Jennifer Burkard et Jessica Mastrototaro, ont convoqué une hier une conférence de presse pour déplorer les conditions de travail qui sont les leurs à Genève. L'incendie de l'ancienne Ecole de chimie a encore dégradé des conditions de travail qui étaient déjà précaires jusque là. Plusieurs étudiants et un grand nombre d'enseignants d'allemande, d'anglais, d'italien, d'espagnol, de musicologie et d'histoire de l'art, ainsi que des bibliothécaires étaient présents pour témoigner leur solidarité et dire le triste sort réservé à la Faculté des Lettres, parente pauvre de l'Université.

Quelle réponse pour l'heure à ces justes doléances? Le "Grand projet" pour la Faculté des Lettres (un impossible Grand Louvre de l'UNIGE), repoussé d'année en année. Ce Grand Projet prévoit le remaniement du bâtiment des Bastions et de l'Ecole de Chimie. Il suscite à juste titre la réticence de la Commission des Monuments et des Sites, puisque le parti choisi (cette forme d'iconoclasme n'arrive décidemment qu'à Genève!) crève largement le toit du bâtiment des Bastions pour y placer la "Grande bibliothèque" de la Faculté des Lettres! Le sort de l'ancienne Ecole de Chimie est donc étroitement lié à celui de l'Université de Carl Vogt qu'on se propose de reprofiler (et c'est un euphémisme), sans doute pour fêter dignement son 450e! 

La directrice de l'Office des Bâtiments de l'Etat de Genève répète avec obstination qu'il n'est pas question d'engager des travaux de remise en état à l'Ecole de Chimie avant que le Grand Projet ne soit adopté. Chère Madame Prini Saggio, votre obstination est de mauvais aloi! Il vous faudra bien délier les cordons de la bourse pour assurer cet entretien minimum réclamé par les étudiants et les enseignants pour assurer un tant soit peu de confort et de sécurité! Il y a trop longtemps que la Faculté des Lettres est le quart monde de l'Université de Genève.

http://www.tdg.ch/geneve/actu/ne-veulent-uni-ruine-2008-12-16

26/11/2008

La construction du paysage culturel helvétique

heidiland2.jpg          Dysneylandisée, la pastorale helvétique demeure un solide créneau que les successeurs de Thomas Cook exploitent ad nauseam. Heidy a remplacé Helvetia et on a créé un Heidyland à l'intention des touristes japonais, ces mêmes touristes pour lesquels de faux pâtres suisses, à la solde de Kuoni, jouent du cor des Alpes en pleine ville de Genève.

            L'"enferrement des Alpes" est devenu un processus inéluctable quand bien même la ferraille des téléphériques et autres remontées mécaniques a souvent remplacé celle des crémaillères; les rubans bitumés d'autoroutes et leurs corollaires de tunnels s'insinuent à travers tout le pays, parfois au prix d'âpres disputes comme celle qu'anima Franz Weber à propos du tronçon d'autoroute Montreux-Villeneuve, métamorphosant irrémédiablement la toile de fond du paysage de Chillon, rendu célèbre par le Child Harold de Lord Byron.

            Les paysages les plus célèbres nous semblent épuisés; ils demeurent néanmoins ceux qui sont les plus recherchés, par on ne sait quelle inertie, peut-être parce que le touriste moyen aspire à une Suisse virtuelle telle qu'il peut la pratiquer sur le web. Aux dires de certain directeur d’office de tourisme, et malgré tous les efforts déployés pour faire connaître les villes suisses, la seule chose que l'on veut savoir à l'étranger c'est "si le Cervin est bien toujours à la même place!"

            Il y aurait pourtant fort à faire aujourd'hui à donner de la Suisse une image plus proche de ses réalités, une image qui valorise aussi la culture urbaine en contrepoint de la civilisation des bergers, une image qui valorise aussi les arts et les techniques en contrepoint d'un folklore devenu désuet. Mais remontons l'histoire de cette mise en scène.

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16/11/2008

Que se passe-t-il au Collège Calvin?

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Le Collège Calvin est indubitablement l'un de nos plus vénérables monuments. Vénérable par son ancienneté puisqu'il s'apprête à fêter ses 450 ans en 2009, tout comme l'Université du reste, vénérable comme monument remontant à la Renaissance, vénérable comme institution fondée par Jean Calvin en tant qu'Académie. Plusieurs manifestations se préparent pour célébrer cet anniversaire et notamment une publication de Pierre Monnoyeur, historien de l'architecture et grand connaisseur de l'édifice.

Des travaux de restauration du Collège Calvin, très attendus et très mérités, ont commencé au printemps 2008. S'agissant d'un monument classé de grande ancienneté, on se pose tout de même un certain nombre de questions quant aux garanties prises relativement aux compétences mises en oeuvre sur ce chantier où des connaissances très pointues en matière de restauration monumentale s'imposent.

On apprenait il y a quelques jours qu'une colonne du XVIe siècle, signalée par Albert- E. Roussy, ancien directeur du Collège n'avait pas même été protégée lors de travaux entrepris dans l'extraordinaire charpente à poteaux d'origine.  De même on remarquait les dégâts causés par le passage du karcher sur les façades de la partie construite par Louis Viollier et Alfred Olivet dans les années 1880. Un tableau d'Albert Durade, représentant la fondation du collège Calvin et suspendu au revers du mur traité au karcher s'en est trouvé endommagé!

Le chantier est à présent suspendu et l'on attend le résultat des expertises demandées. On ne peut que redouter que l'auguste monument classé ne soit pas entre les meilleures mains, des mains de spécialistes de la restauration monumentale à même de conduire le chantier et les ouvriers de sorte à éviter tout faux pas. 

 

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07/11/2008

Patrimoine suisse Zurich explose

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Le projet de revitalisation du Musée National Suisse de Zurich aura eu raison de la section zurichoise de Patrimoine Suisse. On apprenait lundi l'explosion de la section divisée entre (pour le faire simple) les "architectes", favorables au nouveau projet, et les "conservateurs", hostiles et prêts à engager un recours à l'encontre dudit projet. Ce clivage montre l'impasse dans laquelle se trouve actuellement la section zurichoise, mais qui concerne de près ou de loin toutes les sections helvétiques infiltrées par des architectes que le patrimoine intéresse moins comme objet d'admiration et de culte à entretenir et à restaurer que comme support pour valoriser des interventions contemporaines. Les résultats tiennent de l'hybride et les produits sont d'embrassants monstres d'une esthétique chaotique!

L'argument-massue des défenseurs d'un patrimoine dynamique, Monsieur Philippe Biéler, chef de file du Heimatschutz central en tête, est qu'il faut construire le patrimoine de demain! La formule prête à sourire dans notre époque qui, plus qu'aucune autre aspire à la postérité, davantage qu'à l'aujourd'hui. C'est oublier que le patrimoine de demain est aussi celui d'hier. Tous les défenseurs du patrimoine dignes de ce nom devraient s'efforcer de conserver et de transmettre à la postérité l'héritage culturel dont ils sont les dépositaires, sans attouchements et dans les meilleures conditions de conservation.

 

22:12 Publié dans Patri | Lien permanent | Commentaires (4) | Tags : projet musée national suisse, patrimoine suisse | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook

13/10/2008

La Renaissance italienne à quarante kilomètres de Genève


http://www.lecridulac.com/video145-aux-portes-de-la-savoie-occulte
 

DSCN0135(2).JPGClermont en Genevois (Haute-Savoie), à quarante kilomètres de Genève, vit à l’ombre de son magnifique château de la Renaissance. Construit par l’évêque Gallois de Regard de retour d’Italie pour y vivre paisiblement sa retraite, cette magnifique bâtisse érigée dans les années 1570 domine le site. Elle fait ensemble avec une belle église néo-classique qui date du début du XIXe siècle et dont le clocher est surmonté d’une calotte étincelante. Au pied de la colline quelques mas villageois de grande ancienneté dont on trouve la trace sur d’anciens cadastres. Un paysage vallonné et montueux d’une grande aménité s’ouvre vers le val des Usses et le lac du Bourget ; le Mont des Princes, qui appartient au Jura, ferme le paysage vers l’Occident. La campagne est opulente et hospitalière, les points de vue sublimes et changeants. Des promenades, du cheptel, des pâturages, des potagers bien tenus, car en Savoie « on fait son jardin ».

 

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Articulé « à l’italienne » autour d’une cour intérieur le château de Clermont consiste en un corps de logis ; le reste n’est qu’esbrouffe, une magnifique esbrouffe faite de promenoirs et de galeries avec leurs colonnades. Sa porte d’apparat à bossages semble tirée d’un traité de Serlio et constitue la pièce maîtresse de la façade qui donne sur l’esplanade. Monument classé du patrimoine hexagonal, ses destinées dépendent du Conseil Général. Récemment le monument a pourtant fait l’objet de travaux destinés à le transformer en un parfait objet touristique. La pierre de taille a été rendue apparente partout, même là où elle n’est pas véritablement appareillée et où l’usage et la prudence voulaient qu’on la protège d’un enduit. Le sol irrégulier du banc de molasse qui constituait la cour a été nivelé pour pouvoir y installer estrade et gradins nécessités par les spectacles en plein air. Les appartements de Gallois ont été meublés et décorés de manière à pouvoir faciliter le commentaire des guides touristiques : des frises copiées de peintures ferraraises ont été même ajoutées pour enjoliver une salle. De discutables pratiques pour un si exceptionnel patrimoine régional, national et supranational. Clermont est en effet le plus insigne château renaissant des environs de Genève !

 

La législation française voudrait qu’un périmètre de 500 m autour de tout monument classé bénéficie de protection, ce qui en clair, à Clermont, représente la protection de l’entier du vieux village, le véritable écrin du joyau qu’est le château. Mais de cette bonne règle qui se soucie vraiment? Les rénovations des vieilles maisons villageoises illustrent la légèreté de l’application de cette mesure. On gonfle des toitures de gros chiens assis et de lucarnes surdimensionnées ; on ajoute des balcons et autres terrasses sans caractère indigène ; on bricole des lambrissages façon chalet alpestre sur les façades rurales … Et d’anachronismes et atypismes, de Kenitex en plots de ciment, de Bricorama et Bricoloisirs, Clermont perd sa substance et son caractère. D’anciens maçons, habités par la culture et la construction des lieux, le déplorent.

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Les villages de Haute Savoie forment le magnifique arrière-pays de Genève et le Genevois peut s’enorgueillir de sites et de localités remarquables, où il fait bon vivre. Elle peut aussi s’enorgueillir d’un patrimoine d’exception qu’il faudrait savoir protéger des spéculations hâtives et irréfléchies. Puisse la conscience des édiles aider à maintenir l’authenticité et la beauté de ces lieux, de ce paysage culturel empli de douceur et de tradition séculaire, pour en conserver les traits patiemment dessinés.