26/12/2016

A quoi sert le recensement architectural du Canton de Genève (RAC)?

Celles et ceux d'entre vous qui habitent les communes de Versoix, Meyrin, Grand-Saconnex, Vernier auront peut-être vu des équipes de recenseurs arpenter les rues, appareil de photo au poing, carnets en main. C'est que depuis septembre 2015 le Recensement Architectural du Canton (RAC) de Genève a commencé. Pour ce faire on a embauché tout ce que l'Université de Genève avait formé d'historien-nes du patrimoine sur les bancs du Département d'histoire de l'art, de la Sauvegarde du patrimoine bâti et du Master en Conservation du patrimoine. On y a même ajouté des collègues vaudois. Ce sont donc une vingtaine de personnes qui travaillent à ratisser le territoire genevois, à dénicher les perles rares et les documenter.

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03/09/2016

Construisons au Salon Suisse de Venise

C'est l'auto-construction, l'architecture improvisée et spontanée, qui sont au centre du Salon Suisse du mois de septembre. Le droit à un logement décent doit être considéré comme un droit fondamental. Dans tous les pays du monde des tentatives se font jour pour mettre la main sur le champ protégé de la construction. De plus en plus d'individus cherchent à construire pour eux-mêmes à bas coûts. Les réseaux sociaux témoignent de toutes ces expérimentations et les encouragent particulièrement dans les pays émergents. Le très populaire mouvement des Tiny houses, né aux Etats-Unis, réinterprète la "hutte primitive" et revisite des modes de construction à la portée de chacun.

Après la Seconde Guerre mondiale déjà des tentatives de ce genre ont vu le jour, comme le mouvement des Castors en France. Différentes communautés de la génération hippie comme Christiania à Copenhague ou Montredon dans le Larzac se sont aussi distinguées par leur volonté de s'émanciper de la tutelle des entreprises de construction industrielle.

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21/08/2016

Et vogue la galère

Pour la première fois l’Unesco vient d’admettre être pris au piège du patrimoine mondial. Un nombre important de sites repérés au titre de patrimoine mondial et pris d’assaut par les touristes sont en train de souffrir de leur succès touristique. Les îles des Galapagos et leurs tortues géantes ou le Thaïlande et ses bancs de coraux voient leur éco-systèmes déstabilisés. Plus près de nous, c’est Venise qui ploie sous le poids des grands navires qui continuent de traverser le canal de la Giudecca. Dans un rapport publié à l’occasion de la dernière assemblée internationale qui s’est tenue à Istanbul, on admet officiellement que le tourisme de masse va à l’encontre de la préservation du patrimoine mondial.

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Image de l'absurdité du monde

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01/07/2016

Ceci n'est pas un ensemble

Jamais la tension n’a été si vive entre défenseurs du patrimoine et du paysage urbain de la Ville et du Canton de Genève, qui défendent le respect du cadre bâti et paysager dans un but idéal et désintéressé, d’une part, et promoteurs immobiliers et propriétaires, qui âprement partent en procédures pour gagner m2 et loyers, d’autre part. La mise en place de la loi sur les surélévations en 2006 amendée en 2008, sans doute une grave erreur au vu des réalisations et tentatives qui prolifèrent sur tous les immeubles qui ne bénéficient pas d’une protection, a engendré une spirale qu’il semble difficile d’arrêter.

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11/06/2016

Des nouvelles du front

Lors de son voyage en Amérique latine (1965) l'écrivain britannique Bruce Chatwin rencontra et photographia cette sexagénaire marchant dans le désert de Nazca, une échelle en aluminium sur l'épaule. C'était l'archéologue allemande, Maria Reiche (1903-1998), étudiant les géogylphes de Nazca. Personne ne lui finançait alors une campagne de photographie aérienne; des repérages automobiles auraient détruits les traces qu'elles souhaitait étudier. Vue du sol la disposition des pierres était dépourvue de sens, mais, d'une certaine hauteur, Maria Reiche pouvait distinguer des figures d'animaux ou de fleurs, des alignements. Cette hauteur était celle qu'elle atteignait une fois juchée sur son échelle, dérisoire équipement archéologique ...

Maria Reiche, Biennale d'architecture 2016

 

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12/05/2016

3e surélévation du 2 Deux-Ponts: le roi est nu

L'ancienne usine Beyeler déjà surélevée de deux étages pour son centenaire en 2010 est un bâtiment dont les instances de la Ville et de l'Etat ont reconnu l'importance au titre de patrimoine industriel. Un nouveau projet de surélévation défraie actuellement la chronique. Trop souvent impassible, le public s'en mêle. Et les satiristes s'en emparent: un photomontage produit il y a quelques jours dans le Tribune de Genève proposait d'ajouter encore un chalet suisse et un Parthénon pour couronner le tout [1]! Les tribunaux saisis de l'affaire brandissent des expertises contradictoires: celle de la Commission d'architecture opposée à ce dernier projet, celle de la Commission des monuments, de la Nature et des Sites (à laquelle appartient le conjoint de l'architecte) favorable. Comment expliquer qu'on puisse arriver à ce genre de proposition sur un immeuble très en vue du quartier de la Jonction qui a déjà fait l'objet d'une surélévation attentivement réglementée et suivie par les instances du patrimoine ?

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15:28 Publié dans Archi, Patri | Lien permanent | Commentaires (2) | Tags : surélévations, genève, rue des deux-ponts, usine beyeler | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook

21/02/2016

MAH Fiction: le 29 février du Non

La querelle du MAH a pris une tournure homérique. Mais les Ulysse locaux n'ont pas su nous emmener en voyage ... Pas davantage que les Circé et les Calypso ... Rien qui n'incite au rêve, ni au dépaysement, ni au décentrement. Et ce n'est pas faute de moyens, de vidéo-simulations et d'"after" ... mais, à force d'en faire tant et trop, leur nef n'a jamais pris le large. Elle s'est embourbée sans grâce et sans esprit dans un sillon glaiseux.

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Ulysse et Calipso, Arnold Böcklin

Les semaines précédent le scrutin ont été émaillées d'offensives quotidiennes à l'arme légère ou avec balistique lourde. Les élites politiques et leur garde rapprochée ont consacré une énergie et un temps inouïs (c'était somme toute disproportionné et c'était avec de l'argent public!) en escarmouches et estocades de toutes sortes. Le président du Conseil d'état est même descendu personnellement dans l'arène municipale, chose jamais vue. Un certain establishment a défendu envers et contre tous un projet contre lequel la population genevoise s'était déjà mobilisée par un référendum largement soutenu. Il faudra du temps et des investigations pour comprendre tous les tenants et tous les aboutissants du projet officiel.

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01:52 Publié dans Archi, Genève, Patri | Lien permanent | Commentaires (5) | Tags : mah, musée d'art et d'histoire, genève | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook

22/01/2016

La culture confisquée

Les communicants des partisans du projet officiel pour le Musée d'Art et d'Histoire ont fait main basse sur les mots. Juste pour embrouiller un public que, dans leur scénario simplificateur, pour ne pas dire simpliste, ils ont lourdement sous-estimé! L'imbroglio langagier engendré par le OUI au Musée vise à signifier que les opposants disent NON au Musée. La création du slogan "Toute la Culture" (c'est nous!), une appropriation de la Culture en somme, est une tentative d'en déposséder les adversaires. Toute l'opération vise à sous-entendre que le camp d'en face est un ramassis de gros balourds incultes. La vraie question est la suivante. A qui appartient la culture? A qui appartiennent les mots?

 

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17:28 Publié dans Archi, Culture, Genève, Patri | Lien permanent | Commentaires (0) | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook

09/01/2016

Pour une culture du cadre bâti

La bataille qui fait rage autour de l’avenir du Musée d’Art et d’Histoire et qui voit se dresser de toutes parts des champions pour son sauvetage est le reflet d’un profond désarroi culturel autour de l’architecture et de ce qu’on peut plus largement appeler le cadre bâti. Genève subit une pression économique extrême, comme dans l'immédiat après-guerre qui a vu disparaître tous les beaux immeubles néo-classiques qui bordaient la petite rade, remplacé par des établissements bancaires. Sous prétexte de bâtir du logement (mais quels logements, combien sont vides ? pour quels portefeuilles ?), il n’est plus de domaine qui ne soit morcelé, de bosquets d’arbres qui ne soient abattus, de dégagements d’immeubles ou de cours qui ne soient construits. La question se pose officiellement en termes de m2 de planchers à gagner, officieusement en termes d’espèces sonnantes et trébuchantes surtout, le prix du m2 d’un sol à rentabiliser excessivement.

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http://www.tdg.ch/geneve/actu-genevoise/petite-foret-disp...

Récemment à l’angle route de Malagnou, une des pénétrantes en ville de Genève, autrefois bordée de remarquables domaines, dont subsistent quelque promenade à chiens …, et du chemin de l’Amandolier, la tronçonneuse a sacrifié une véritable petite forêt sur laquelle vont prendre place des immeubles. Sans que personne ne s’en plaigne disait un laconique compte-rendu de la Tribune de Genève. Mais que tout le monde cependant autour de moi, j’en atteste, regrette vivement. Quoi qu’en disent les désinformateurs de tout poil, la population genevoise est très sensible à ces changements qui durcissent et péjorent le cadre de vie. « Construire la ville en ville », comme tous les autres slogans, aussi péremptoires que discutables, dont se gargarisent les milieux affairistes, c’est perdre de la verdure, des zones informelles et libres, un espoir de friche où la nature pourrait reprendre des droits ; c’est aussi perdre du soleil, si chèrement gagné par les théoriciens hygiénistes de la ville au XIXe siècle. Dans son ouvrage intitulé Persépolis ou essai sur l’amélioration de la ville de Genève (1873), le Dr Antoine Baumgartner ne travailla-t-il pas à dénoyauter et aérer la ville qu’on s’ingénie aujourd’hui à « renoyauter » et à surélever ? A l’heure où les étés caniculaires se répètent, est-il raisonnable de sacrifier sur l’autel d’une promotion immobilière tous azimuts ces poumons de verdure urbains dont Genève a la chance d’avoir hérité d’un passé bienheureux et que les métropoles internationales prises dans leurs étaux minéraux et bétonnés s’efforcent d’inventer en végétalisant les façades et les toitures des immeubles pour faire tomber le mercure de quelques degrés ?

Comment se fait-il que le Conseiller d’Etat issu des Verts à la tête du DALE n’intègre pas dans sa politique urbaine les données environnementales qui gagnent toutes les villes européennes et mondiales ? Les troupes affectées à l’urbanisme continuent de dépecer sans états d’âme un précieux territoire à qui mieux mieux. La culture du cadre bâti passe par la reconnaissance des valeurs de l’existant par rapport au nouveau, spécifiques à chaque lieu (Genève n’est pas New York), et par l’analyse fine du rapport complexe entre nature et architecture, vides et pleins, ombres et lumière.

 

08/12/2015

Cointrin: un patrimoine insoupçonné

Cointrin a vu changer son caractère champêtre au moment de l'implantation d'un "champ d'aviation" décidé en 1919. Du champ on passa vite à une piste en béton, qui n'a cessé de s'agrandir, puis à des bâtiments de hangars et d'aérogare proprement dits. De l'ancien village de Cointrin il ne reste aujourd'hui que des traces ténues que la phase exploratoire d'un nouveau Recensement architectural du Canton de Genève pour la commune de Meyrin se charge de relever. C'est à l'Ouest de l'avenue Louis Casaï (l'Est est en cours de démolition!) qu'il faut partir en exploration pour découvrir des chemins insoupçonnés, des havres de verdures ...

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