26/11/2008

La construction du paysage culturel helvétique

heidiland2.jpg          Dysneylandisée, la pastorale helvétique demeure un solide créneau que les successeurs de Thomas Cook exploitent ad nauseam. Heidy a remplacé Helvetia et on a créé un Heidyland à l'intention des touristes japonais, ces mêmes touristes pour lesquels de faux pâtres suisses, à la solde de Kuoni, jouent du cor des Alpes en pleine ville de Genève.

            L'"enferrement des Alpes" est devenu un processus inéluctable quand bien même la ferraille des téléphériques et autres remontées mécaniques a souvent remplacé celle des crémaillères; les rubans bitumés d'autoroutes et leurs corollaires de tunnels s'insinuent à travers tout le pays, parfois au prix d'âpres disputes comme celle qu'anima Franz Weber à propos du tronçon d'autoroute Montreux-Villeneuve, métamorphosant irrémédiablement la toile de fond du paysage de Chillon, rendu célèbre par le Child Harold de Lord Byron.

            Les paysages les plus célèbres nous semblent épuisés; ils demeurent néanmoins ceux qui sont les plus recherchés, par on ne sait quelle inertie, peut-être parce que le touriste moyen aspire à une Suisse virtuelle telle qu'il peut la pratiquer sur le web. Aux dires de certain directeur d’office de tourisme, et malgré tous les efforts déployés pour faire connaître les villes suisses, la seule chose que l'on veut savoir à l'étranger c'est "si le Cervin est bien toujours à la même place!"

            Il y aurait pourtant fort à faire aujourd'hui à donner de la Suisse une image plus proche de ses réalités, une image qui valorise aussi la culture urbaine en contrepoint de la civilisation des bergers, une image qui valorise aussi les arts et les techniques en contrepoint d'un folklore devenu désuet. Mais remontons l'histoire de cette mise en scène.

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11:33 Publié dans Patri | Lien permanent | Commentaires (2) | Tags : tourisme, suisse | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook