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  • Ceci n'est pas un ensemble

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    Jamais la tension n’a été si vive entre défenseurs du patrimoine et du paysage urbain de la Ville et du Canton de Genève, qui défendent le respect du cadre bâti et paysager dans un but idéal et désintéressé, d’une part, et promoteurs immobiliers et propriétaires, qui âprement partent en procédures pour gagner m2 et loyers, d’autre part. La mise en place de la loi sur les surélévations en 2006 amendée en 2008, sans doute une grave erreur au vu des réalisations et tentatives qui prolifèrent sur tous les immeubles qui ne bénéficient pas d’une protection, a engendré une spirale qu’il semble difficile d’arrêter.

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  • Des nouvelles du front

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    Lors de son voyage en Amérique latine (1965) l'écrivain britannique Bruce Chatwin rencontra et photographia cette sexagénaire marchant dans le désert de Nazca, une échelle en aluminium sur l'épaule. C'était l'archéologue allemande, Maria Reiche (1903-1998), étudiant les géogylphes de Nazca. Personne ne lui finançait alors une campagne de photographie aérienne; des repérages automobiles auraient détruits les traces qu'elles souhaitait étudier. Vue du sol la disposition des pierres était dépourvue de sens, mais, d'une certaine hauteur, Maria Reiche pouvait distinguer des figures d'animaux ou de fleurs, des alignements. Cette hauteur était celle qu'elle atteignait une fois juchée sur son échelle, dérisoire équipement archéologique ...

    Maria Reiche, Biennale d'architecture 2016

     

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  • 3e surélévation du 2 Deux-Ponts: le roi est nu

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    L'ancienne usine Beyeler déjà surélevée de deux étages pour son centenaire en 2010 est un bâtiment dont les instances de la Ville et de l'Etat ont reconnu l'importance au titre de patrimoine industriel. Un nouveau projet de surélévation défraie actuellement la chronique. Trop souvent impassible, le public s'en mêle. Et les satiristes s'en emparent: un photomontage produit il y a quelques jours dans le Tribune de Genève proposait d'ajouter encore un chalet suisse et un Parthénon pour couronner le tout [1]! Les tribunaux saisis de l'affaire brandissent des expertises contradictoires: celle de la Commission d'architecture opposée à ce dernier projet, celle de la Commission des monuments, de la Nature et des Sites (à laquelle appartient le conjoint de l'architecte) favorable. Comment expliquer qu'on puisse arriver à ce genre de proposition sur un immeuble très en vue du quartier de la Jonction qui a déjà fait l'objet d'une surélévation attentivement réglementée et suivie par les instances du patrimoine ?

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  • Conférence ouverte au public

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    Décorer les cages d'escalier à La Chaux-de-Fonds (1890-1920)

    Marikit TAYLOR, historienne du patrimoine

    04.03.2016 10:15 – 12:00

    UniDufour, Salle U 259

     

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    Dans le cadre du séminaire d'histoire de l'art "Structure et revêtement", Marikit Taylor, historienne du patrimoine, qui prépare une thèse sur les Décors et décorateurs de La Chaux-de-Fonds vers 1900, viendra présenter un état de la question. Elle a rassemblé un important matériel iconographique et travaillé sur les sources afin de documenter ces décors qui appartiennent aujourd'hui au Patrimoine mondial de l'Humanité.

    La conférence est ouverte à toute personne intéressée.

     

     

  • MAH Fiction: le 29 février du Non

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    La querelle du MAH a pris une tournure homérique. Mais les Ulysse locaux n'ont pas su nous emmener en voyage ... Pas davantage que les Circé et les Calypso ... Rien qui n'incite au rêve, ni au dépaysement, ni au décentrement. Et ce n'est pas faute de moyens, de vidéo-simulations et d'"after" ... mais, à force d'en faire tant et trop, leur nef n'a jamais pris le large. Elle s'est embourbée sans grâce et sans esprit dans un sillon glaiseux.

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    Ulysse et Calipso, Arnold Böcklin

    Les semaines précédent le scrutin ont été émaillées d'offensives quotidiennes à l'arme légère ou avec balistique lourde. Les élites politiques et leur garde rapprochée ont consacré une énergie et un temps inouïs (c'était somme toute disproportionné et c'était avec de l'argent public!) en escarmouches et estocades de toutes sortes. Le président du Conseil d'état est même descendu personnellement dans l'arène municipale, chose jamais vue. Un certain establishment a défendu envers et contre tous un projet contre lequel la population genevoise s'était déjà mobilisée par un référendum largement soutenu. Il faudra du temps et des investigations pour comprendre tous les tenants et tous les aboutissants du projet officiel.

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  • La culture confisquée

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    Les communicants des partisans du projet officiel pour le Musée d'Art et d'Histoire ont fait main basse sur les mots. Juste pour embrouiller un public que, dans leur scénario simplificateur, pour ne pas dire simpliste, ils ont lourdement sous-estimé! L'imbroglio langagier engendré par le OUI au Musée vise à signifier que les opposants disent NON au Musée. La création du slogan "Toute la Culture" (c'est nous!), une appropriation de la Culture en somme, est une tentative d'en déposséder les adversaires. Toute l'opération vise à sous-entendre que le camp d'en face est un ramassis de gros balourds incultes. La vraie question est la suivante. A qui appartient la culture? A qui appartiennent les mots?

     

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  • Pour une culture du cadre bâti

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    La bataille qui fait rage autour de l’avenir du Musée d’Art et d’Histoire et qui voit se dresser de toutes parts des champions pour son sauvetage est le reflet d’un profond désarroi culturel autour de l’architecture et de ce qu’on peut plus largement appeler le cadre bâti. Genève subit une pression économique extrême, comme dans l'immédiat après-guerre qui a vu disparaître tous les beaux immeubles néo-classiques qui bordaient la petite rade, remplacé par des établissements bancaires. Sous prétexte de bâtir du logement (mais quels logements, combien sont vides ? pour quels portefeuilles ?), il n’est plus de domaine qui ne soit morcelé, de bosquets d’arbres qui ne soient abattus, de dégagements d’immeubles ou de cours qui ne soient construits. La question se pose officiellement en termes de m2 de planchers à gagner, officieusement en termes d’espèces sonnantes et trébuchantes surtout, le prix du m2 d’un sol à rentabiliser excessivement.

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    http://www.tdg.ch/geneve/actu-genevoise/petite-foret-disparait-malagnou/story/25880373

    Récemment à l’angle route de Malagnou, une des pénétrantes en ville de Genève, autrefois bordée de remarquables domaines, dont subsistent quelque promenade à chiens …, et du chemin de l’Amandolier, la tronçonneuse a sacrifié une véritable petite forêt sur laquelle vont prendre place des immeubles. Sans que personne ne s’en plaigne disait un laconique compte-rendu de la Tribune de Genève. Mais que tout le monde cependant autour de moi, j’en atteste, regrette vivement. Quoi qu’en disent les désinformateurs de tout poil, la population genevoise est très sensible à ces changements qui durcissent et péjorent le cadre de vie. « Construire la ville en ville », comme tous les autres slogans, aussi péremptoires que discutables, dont se gargarisent les milieux affairistes, c’est perdre de la verdure, des zones informelles et libres, un espoir de friche où la nature pourrait reprendre des droits ; c’est aussi perdre du soleil, si chèrement gagné par les théoriciens hygiénistes de la ville au XIXe siècle. Dans son ouvrage intitulé Persépolis ou essai sur l’amélioration de la ville de Genève (1873), le Dr Antoine Baumgartner ne travailla-t-il pas à dénoyauter et aérer la ville qu’on s’ingénie aujourd’hui à « renoyauter » et à surélever ? A l’heure où les étés caniculaires se répètent, est-il raisonnable de sacrifier sur l’autel d’une promotion immobilière tous azimuts ces poumons de verdure urbains dont Genève a la chance d’avoir hérité d’un passé bienheureux et que les métropoles internationales prises dans leurs étaux minéraux et bétonnés s’efforcent d’inventer en végétalisant les façades et les toitures des immeubles pour faire tomber le mercure de quelques degrés ?

    Comment se fait-il que le Conseiller d’Etat issu des Verts à la tête du DALE n’intègre pas dans sa politique urbaine les données environnementales qui gagnent toutes les villes européennes et mondiales ? Les troupes affectées à l’urbanisme continuent de dépecer sans états d’âme un précieux territoire à qui mieux mieux. La culture du cadre bâti passe par la reconnaissance des valeurs de l’existant par rapport au nouveau, spécifiques à chaque lieu (Genève n’est pas New York), et par l’analyse fine du rapport complexe entre nature et architecture, vides et pleins, ombres et lumière.

     

  • Cointrin: un patrimoine insoupçonné

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    Cointrin a vu changer son caractère champêtre au moment de l'implantation d'un "champ d'aviation" décidé en 1919. Du champ on passa vite à une piste en béton, qui n'a cessé de s'agrandir, puis à des bâtiments de hangars et d'aérogare proprement dits. De l'ancien village de Cointrin il ne reste aujourd'hui que des traces ténues que la phase exploratoire d'un nouveau Recensement architectural du Canton de Genève pour la commune de Meyrin se charge de relever. C'est à l'Ouest de l'avenue Louis Casaï (l'Est est en cours de démolition!) qu'il faut partir en exploration pour découvrir des chemins insoupçonnés, des havres de verdures ...

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  • MAH-: NON au "projet Nouvel" pour le Musée d'Art et d'Histoire

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    COMMUNIQUE DE PRESSE

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    MAH- Non au « Projet Jean Nouvel » pour le Musée d’Art et d’Histoire de Genève

    Rassemblant des opposants de différents horizons culturels et politiques au "projet Jean Nouvel" pour le Musée d’Art et d’Histoire de Genève,

    les administrateurs de la page Facebook MAH- https://www.facebook.com/agrandissementMAHnon
    et du site Mahmoins http://mahmoins.simplesite.com/

    entendent faire valoir des arguments en faveur de la restauration dans les règles de l’art du Musée d’Art et d’Histoire de Genève et prendre le contrepied d’une propagande sans limite propagée par tous les canaux et organes officiels et inofficiels.

    Construit par Marc Camoletti, l’un de nos meilleurs architectes genevois du début du XXe siècle, le Musée d’Art et d’Histoire est un monument majeur du patrimoine genevois et national qui aurait dû figurer sur la liste des monuments classés depuis longtemps.

    Contrairement à ce qu’assènent les partisans de ce projet, vieux de dix-sept ans, la coûteuse transformation qu’on entend lui faire subir, sous le label de « projet Nouvel », va, en occupant la cour, en disqualifier la distribution, la subtilité de l’éclairage et la respiration de l’architecture sans pour autant augmenter sensiblement les surfaces à disposition des actuelles collections. Il est par ailleurs déplacé d’invoquer ici quelque principe de réversibilité que ce soit, s’agissant d’un projet devisé à quelques 140 M° de frs. Enfin le Partenariat Public/Privé mis sur pied avec la Fondation Gandur revient à une inacceptable privatisation d’un patrimoine public.

    Alarmé de façon plus générale par la désinvolture avec laquelle nos élus et nos représentants dans la Commission des Monuments, de la Nature et des Sites considèrent le patrimoine architectural auquel les Genevois sont attachés et gèrent son destin, MAH- entend marquer sa désapprobation à l’égard de projets outranciers et vulgaires qui dénaturent les monuments et le paysage urbain genevois.

    MAH- Genève, le 12 mai 2015.

  • Dans les méandres de la globalisation. Le Musée d’art et d’histoire de Genève

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    Inauguré en grande pompe en 1910, le Musée d’art et d’histoire de Genève, résultat final de deux concours d’architecture, continue d’impressionner les visiteurs locaux et étrangers. Sur le site de Tripadvisor, dont une rubrique tient le rôle d’enquête de satisfaction, les commentaires de ces quatre dernières années nous en apprennent beaucoup sur la réception du bâtiment et de ses collections par le public. Plusieurs touristes s’étonnent de trouver à Genève un aussi «magnifique» bâtiment, «un palais exceptionnel», avec cour intérieure et splendide escalier.


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